Sébastien Castella : le roi du "Mano à Mano"

Sébastien Castella Turzack est né le 31/01/1981 à Béziers
Apoderado : Luis Manuel Lozano.
Alternative : 12 août 2000 à Béziers.
Parrain : Enrique Ponce.
Témoin : José Tomas.
Toros : Juan Pedro Domecq.
Confirmation : 28/05/2004 à Madrid.
Temporada 2008 : 55 corridas. 70 oreilles et 3 queues.
Temporada en cours : 42 corridas. 66 oreilles, une queue et un indulto.
Sébastien Castella aime les mano a mano, surtout quand la pression médiatique est forteSa froide lucidité, son orgueil et son ambition exacerbée font merveille dans ses duels où chaque torero fait monter la pression pour s'imposer.
Son courage, sa tauromachie dans les terrains extrêmes et sa profondeur permettent de tirer le meilleur parti de tous les toros.

Pour le duel le plus attendu de la temporada 2009, le Biterrois a largement dominé Miguel Angel Perera à Nîmes en sortant vainqueur de la guerre psychologique qui avait commencé avant le paseo.
Depuis, le début de la temporada, il sort systématiquement vainqueur de ces oppositions.
N'a-t-il pas coupé trois oreilles (avec une pétition d'indulto) la semaine dernière à Bayonne devant Jose Tomas ?
Vidéo Féria de Béziers 2007
Video "Mano à Mano" du 14-08-2009 avec Bautista
Tauromachie
Lexique tauromachique
Interview par TF1 ( Claire Chazal )
Interview de Sébastien Castella
C'est à l'âge de 12 ans qu'il a décidé de se consacrer aux arènes et aujourd'hui il est considéré comme l'un des meilleurs. De plus, il est un des diestros les plus désiré : certains (certaines!) en sont
arrivés à lui jeter des soutiens-gorges.
Sébastien Castella n'a pas peur de la mort. Avec 17 coups de corne sur le corps; avant chaque faenail verse de l'eau sur sa montera - une de ses manies, et part à la rencontre du toro qu'il voit plus comme un allié que comme un ennemi. Dans sa vie privée, il préfère être distant afin que cela n'affecte pas sa profession.

Votre parcours a-t-il été difficile comme pour la majorité des cas?
Il n'a pas été facile, pareil à celui de ceux qui sont au sommet. Le succés, il faut le travailler. Sinon tu descends aussi vite que tu es monté. Les moments difficiles sont ceux qui te font devenir plus mature et ceux aussi qui te font savourer le triomphe, ce qui est facile ne se mesure pas de la même façon.
En parlant de moments difficiles, faîtes-vous références aux cornadas?
Les cornadas font parties du toreo et de la passion. Je fais référence au fait qu'au début, les empresas ne veulent pas t'engager et te mettent beaucoup de bâtons dans les roues. Il y a beaucoup d'intêrets en jeu dans ce milieu où la compétition fait rage.
Vous faîtes parti des trois meilleurs toreros selon les experts, jusqu'où voulez-vous aller?
L'important est de ne pas se reposer sur ses lauriers et surprendre chaque jour. C'est ce que j'ai fais cette année au cours de la San Isidro.Pour moi aucune faena ne se ressemble et je dois me surpasser à chaque fois, le public est très exigeant.

Avez-vous déjà pensé à vous retirer de l'arène?
Je n'ai pas eu de moments très bas, ni eu l'envie de me retirer. Je ne conçois pas une vie sans le toro, de lui dépend mon bonheur.
Vous considerez-vous plus espagnol ou français?
Avant tout je me sens torero. Je suis un français, ce qui s'est passé c'est que cela fait 12 ans que je vis à Séville et je me suis fait à la vie andalouse, on y vit très bien. Je ne veux pas être le meilleur torero français, mais le meilleur torero de n'importe quel pays.

Quel rôle a joué votre famille dans votre vie?
Un rôle très important, ils m'ont respecté et m'ont laissé la liberté de choisir cette profession, ils se sont sacrifiés. Mon père a voulu être torero mais il n'y est pas arrivé.
Etes-vous « famille »?
Pas beaucoup, j'aime mes parents et ma soeur, mais je ne les vois pas souvent. Comme je suis parti de chez moi à l'âge de 14 ans, je suis très indépendant.
Pensez-vous avoir fait beaucoup de sacrifice par rapport aux autres jeunes?
Non, pas tellement, pour moi cela n'a pas été un sacrifice. J'avais déjà les idées claires, je voulais être une figura del toreo et être le meilleur, c'est pour cela que pour moi le fait de ne pas sortir, voir mes amis n'a pas été un sacrifice. Mon but dans la vie c'est de m'améliorer chaque jour.
Que ressentez-vous devant un toro?
Une fois que tu rentres dans l'arène et que tu l'as devant toi, tu te transformes. C'est difficile à exliquer. Devant chaque toro tu ressens quelque chose de différent car chaque faena est différente. Il faut avoir une grande sensibilité. Le succés, peu importe la profession, dépend de ce qui vient du coeur.
Arrivez-vous à parler avec le toro?
Et bien oui, pour moi le toro est un allié. Beaucoup de toreros disent qu'ils partent en guerre une fois devant le toro. Moi je pense tout le contraire : le toro a beau être mauvais, il ne faut pas voir cette rencontre comme une bataille, sinon tu ne parviens pas à l'art.

Comment voyez-vous la mort?
Nous avons toujours peur, encore plus au début, jusqu'à ce que tu l' assimiles parce qu'elle fait partie de notre profession, et puis tu en fais abstraction. Cela m'est égal que le toro me prenne car le plus important est d'être le meilleur et pour cela il faut dépasser les limites, parmi elles se trouve la mort.
Dans votre vie privée aussi vous dépassez les limites?
Ça dépend, le coeur est là et je pense avoir un grand coeur. La vie privée et le toreo, même si se sont deux choses liées, n'ont rien avoir l'un avec l'autre. Quand on dit que les femmes donnent des cornadas, pour moi c'est un mythe, celui qui donne de vraies cornadas c'est le toro. Il faut être distant dans la vie privée afin que cela n'affecte pas ton toreo.
Dans le futur vous voyez-vous fonder une famille?
Bien sûr, dans quelques années.
Etes-vous déjà tombé amoureux?
Je ne sais pas, j'ai eu des petites amies, je les ai beaucoup aimé mais je ne sais pas si c'était de l'amour. En ce moment le toro et les femmes sont incompatibles dans ma vie.Mais si je ne les ai pas, j'en ai tout de même besoin. Je crois en l'amour pour ma profession, et je crois qu'il est comparable avec celui que l'on peut ressentir pour une femme.

Dans un milieu aussi macho, croyez-vous que les femmes peuvent prendre l'épée?
Si elles le démontrent, bien sûr. Je n'ai pas de réticences à toréer avec elles, nous avons un exemple avec Cristina Sanchez.
On dit qu'il existe une rivalité entre vous et José Tomas, surtout lorsque vous toréez ensemble.
Je n'ai pas d'avis sur lui. Je respecte mes compagnons de cartel.
Quel est l'objet le plus surprenant que l'on vous a lancé?
Un soutien-gorge...
Quel a été le moment le plus difficile de votre vie?
La cornada en Colombie, qui m'a éloigné de ma profession pendant trois mois. La vie est faite de différents moments et il faut tous les vivre. Dans le monde des toros c'est la même chose. Il y a des moments durant lesquels on peut faire des aprés-midi uniques comme touché par une baguette magique. Ce sont aussi des moments que l'on oublie pas.
Comment va se dérouler votre été?
Sur la route et dans l'arène, en Espagne, en France à toréer. C'est la période la plus importante pour nous, alors que tout le monde prend le soleil sur les plages.
Nous sommes différents.