Maria Richard, âgée de 111 ans, est désormais la doyenne des Français

Publié le par Yvon Bertrand

 

 

Maria Richard, ici avec son fils et sa fille, a traversé le XXe siècle. Elle est revenue vivre dans la région dans les années soixante, à l’heure de sa retraite.
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Maria Richard, ici avec son fils et sa fille, a traversé le XXe siècle. Elle est revenue vivre dans notre région dans les années soixante, à l’heure de sa retraite.

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La doyenne des Français est désormais héraultaise.

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 Au lendemain du décès de Paule Bronzini, à l’âge de 112 ans, c’est en effet une Biterroise d’adoption qui détient le nouveau record de longévité. Née le 28 novembre 1900 à Florenville, en Belgique, Maria Richard soufflera sa 112e bougie dans quelques semaines. Elle précédera de huit jours l’Auvergnate Eugénie Dauzat, née le 6 décembre de la même année, que les médias avaient dans un premier temps consacrée (à tort) comme nouvelle doyenne.

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C’est dans sa maison de retraite La Méridienne, située en périphérie de Béziers, que Maria a appris cette semaine qu’elle était devenue la plus âgée des Françaises. Une nouvelle qui n’a pas bouleversé son quotidien.

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"Elle n’a pas l’habitude des honneurs. Elle n’aime pas célébrer les fêtes ou les anniversaires", s’excuse presque sa fille Jacqueline Sbarra, 81 ans. Maria a en effet refusé de recevoir les photographes, quand les aides-soignantes lui ont expliqué pourquoi elle devait mettre sa plus jolie robe.

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 "C’est qu’elle a encore du caractère, Mme Richard", s’amuse l’une d’elles

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"Elle sait très bien ce qu’elle veut.  Une infirmière

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Le quotidien de notre doyenne s’écoule donc paisiblement. Elle a certes du mal à se déplacer, puisque le temps l’a contrainte à utiliser un fauteuil roulant. Elle ne passe pas des heures à regarder la télévision, "elle n’y voit plus trop bien", dit sa fille. Mais Maria "a toute sa tête, sauf quelques trous de mémoire inhérents à son âge", relate une infirmière, et c’est toujours avec beaucoup de bonheur qu’elle reçoit sa fille et son gendre Joseph, avec lesquels elle vivait il y a trois ans encore.

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 "Elle reconnaît tout le monde. Et elle sait très bien ce qu’elle veut, même si elle répond surtout par “oui” ou par “non”".

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Ce caractère bien trempé, Maria Richard le tire de ses origines ardennaises.

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Née en Belgique, elle a ensuite passé une grande partie de sa vie à Sedan.

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Épouse d’un terrassier dont elle divorcera plus tard, mère de deux enfants, Maurice (aujourd’hui âgé de 90 ans) et Jacqueline, la nouvelle doyenne a travaillé pendant près de quarante ans dans l’industrie du textile. "Elle tissait des draps toute la journée", se souvient sa fille.

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"Maria n’aime pas la publicité”

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En traversant le XXe siècle, Maria a aussi essuyé l’horreur de la guerre. Surtout dans ces Ardennes où la bataille a fait rage, entre 1914 et 1918, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Si la mère ne peut raconter ses souvenirs par le détail, la fille se souvient très bien de l’exode imposé par l’invasion de l’ennemi allemand.

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"Nous sommes partis précipitamment avec maman et mon frère. On a marché, marché... Au moins 300 km. À chaque fois qu’on atteignait une gare, elle avait été bombardée." Finalement, un train amènera la petite famille en zone libre, loin de la débâcle. À Gignac...

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"Ça lui rappelait quelques souvenirs de vacances, quand on allait à la mer"

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Le maire actuel de la commune, Jean-Marcel Jover, se souvient très bien de Maria Richard.

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 Âgé de 19 ans à l’époque, il a même été le témoin de mariage de Maurice, qui a épousé sa tante par alliance. "C’était des gens très discrets. Très pudiques aussi sur ce qu’ils avaient vécu."

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 Et si Maria a regagné ses Ardennes lorsque la paix est revenue, elle reviendra dans la région dans les années soixante, à l’heure de la retraite.

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"Maman a voulu se rapprocher de Maurice qui vivait près de Montpellier. C’est ainsi que nous avons atterri à Sète", reprend Jacqueline. Qui tombe alors sous le charme de l’Île singulière et de l’un de ses fils, Joseph Sbarra.

   

Pendant plus de trente ans, Maria Richard prend aussi plaisir à arpenter la ville, la plage. Profite du soleil méridional. "Ça lui rappelait quelques souvenirs de vacances, quand on allait à la mer." Puis, en 1995, elle suit sa fille et son gendre à Béziers. "Elle a vécu chez nous encore une quinzaine d’années."

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Ce n’est qu’en 2010 que la santé de Jacqueline impose à Maria un placement en maison de retraite.

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 D’abord à Boujan-sur-Libron, dans la périphérie biterroise, puis à  Béziers, dans cette résidence La Méridienne où elle semble se plaire. D’autant plus depuis deux mois maintenant, qu’elle a un nouveau “colocataire”. Son fils Maurice, qui a rejoint l’établissement et partage même sa chambre.

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Voilà la petite famille réunie. Ce qui permet à la doyenne des Français de recevoir toujours plus de visites. Elle peut ainsi profiter de son petit-fils, âgé de 60 ans, ainsi que de ses deux arrière petites-filles et quatre arrière-arrière petites-filles.

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Ce n’est pas pour autant qu’une grande fête est prévue pour célébrer cette soudaine notoriété. "Maria n’aime pas la “publicité”, confirme le maire, Jean-Marcel Jover. Son épouse lui a rendu une petite visite cette semaine. Le jour de ses 110 ans, c’est tout juste si elle a accepté de parler à son petit-fils qui l’appelait pour célébrer son anniversaire. Elle est en tout cas surprenante. Fraîche, sereine, magnifique. En pleine forme. Elle a un visage d’ange. Pas même une ride..."

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Le secret d’une telle longévité ? Jean-Marcel Jover l’ignore, évoque peut-être sa foi. Sa fille Jacqueline émet une autre hypothèse. "Elle a toujours gardé une vie équilibrée. C’est en tout cas un exemple pour moi." Et désormais pour 65 millions de Français.

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AINÉES EN RÉGION

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Inoubliable  Jeanne Calment

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Née le 21 février 1875, à Arles (13), Jeanne Calment est décédée dans la même ville 122 ans plus tard, le 4 août 1997. À 21 ans, elle épouse son cousin, Fernand Nicolas Calment, riche marchand, ce qui permet à la doyenne de l’humanité de l’époque de ne jamais travailler. Elle buvait invariablement un verre de porto par semaine et mangeait du chocolat tous les jours. Elle connut l’invention du téléphone, l’inauguration de la tour Eiffel, l’invention du cinéma...

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Marcelle Narbonne

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Vice-doyenne française, la Catalane Marcelle Narbonne, née dans la banlieue d’Alger, s’est éteinte le 1er janvier dernier à la maison de retraite des Capucines à Argelès-sur- Mer à 113 ans. Elle fut sténodactylo et connut 19 présidents de la République et 9 papes.

 

Des records de longévité à travers le monde

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Éphémère doyenne, Paule Bronzini, décédée fin août a 112 ans, avait succédé à la Bretonne Marie-Thérèse Bardet. Cette dernière était devenue doyenne connue des Français et des Européens en janvier 2012 avant de décéder le 8 juin à l’âge de 114 ans dans sa maison de retraite de Pontchâteau (Loire-Atlantique).

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C’est donc actuellement Maria Richard, née quelques jours plus tôt (le 28 novembre 1900) en Belgique, mais habitant à Béziers qui détient le record de longévité en France.

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L’homme le plus vieux d’Europe, l’Espagnol Francisco Fernández Fernández, serait décédé vendredi à l’âge de 111 ans chez lui à Pinilla de la Valdería (province de León), dans le nord-ouest de l’Espagne, ont indiqué hier plusieurs médias espagnols.

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La doyenne connue du monde est Besse Cooper, une Américaine de 116 ans née le 26 août 1896. En Europe, il s’agirait d’une Italienne de 113 ans, Maria Redaelli-Granoli, née le 3 avril 1899.

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L’être humain ayant officiellement vécu le plus longtemps est la Française Jeanne Calment. Jusqu’au 10 novembre 2006, date de son décès,

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l’homme français le plus âgé était Maurice Floquet, mort à 111 ans passés. Ancien poilu, né le 25 décembre 1894, il était aussi l’Européen le plus âgé et le 3e homme le plus âgé au monde (source Inserm). Il serait l’homme français le plus âgé ayant jamais vécu.

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Publié dans Actualités

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