Un Biterrois président des œnologues français
Cyril Payon, directeur de la cave L’Ormarine à Pinet a recueilli 45 voix sur 49 possibles
Ça y est, c’est officiel, vous avez été élu, mercredi à Paris président national de l’Union des œnologues de France. Vous devez être aux anges !
Je suis très satisfait en effet.
Tout d’abord parce que le Languedoc-Roussillon avait perdu cette présidence il y a six ans ; je suis donc fier de la ramener à la maison.
Et ensuite parce que j’ai recueilli quasiment l’unanimité des suffrages avec 45 voix sur 49 possibles en sachant que je n’ai pas voté pour moi !
Néanmoins, si je m’envole dans les prochains jours pour Amsterdam, New-York, Québec, Los Angeles et Miami pour représenter les œnologues et mettre en avant les vins et le patrimoine français, je ne prendrai mes nouvelles fonctions que le 25 juin lors de l’assemblée générale de l’Union des œnologues de France à Bordeaux, comme il est de coutume.
Quelle va être votre rôle ?
Durant trois ans, je vais représenter environ 2 900 œnologues qui œuvrent au sein de la filière viti-vinicole.
J’apporterai la caution de ma profession dans tout ce qui se fait en matière de défense et de promotion du vin. J’exprimerai le point de vue des œnologues sur les questions qui touchent aux innovations technologiques.
En parlant de technologie que pensez-vous du PET et des bouchons en plastique ?
Attention à la systématisation. Le bouchon synthétique comme la bouteille en polyéthylène téréphtalate ont largement leur place pour des vins voués à une rotation rapide.
Là, vous avez une garantie zéro défaut, zéro problème pour le consommateur. Entre aussi en compte une question de sécurité et de poids.
La bouteille PET est beaucoup plus légère. Mais il est évident que pour un vin en AOC qu’on va laisser plusieurs années dans sa cave, il est préférable de garder la bouteille en verre et son bouchon en liège. Je vois mal, une Romanée Conti en PET car on attend autant du contenu que du contenant.
Selon vous quelles sont les orientations à prendre pour que les vins français s’exportent mieux ?
A mon sens, il y a deux orientations à avoir. La première, partir sur de l’AOC avec des vignerons qui proposent de la qualité en mettant en avant leur terroir.
Et derrière, vous avez également un autre créneau de produits que l’on appelle les produits marque, plus bas en gamme, où là, pour le coup, il va y avoir beaucoup moins cette notion de terroir, d’origine et d’histoire mais plus une question d’adaptation du coût aux attentes du consommateur.
Ici, on va donc chercher des cépages proposant à la fois la notion aromatique mais aussi une vinification qui permettra de faire un vin au goût du consommateur. Fruité, pas très agressif, pas acide, pas amer.
Des vins faciles à boire. Avec toujours cette notion de plaisir, très importante.
