Le moustique-tigre pointe son nez

Publié le par Yvon Bertrand

 

Année après année, le moustique-tigre, importé accidentellement d’Asie, colonise un peu plus le Sud de France. Il a été détecté il y a quelques jours, à Marseille.

 

Pour l’instant, cet insecte particulièrement agressif et potentiellement capable de transmettre des maladies tropicales graves comme la dengue ou le chikungunya, n’est pas établi en Languedoc-Roussillon.

 

Mais la région est en sursis.

 Le ministère de la Santé vient de renforcer son dispositif de surveillance. Dans la région, 300 pièges pondeurs ont été disséminés le long des grands axes. Pendant ce temps, la démoustication continue : en 2009, quelque 45 000 hectares ont été traités.

Sus au moustique ! Surtout s’il est aussi carnivore que son surnom le laisse penser.

 

Les piqûres du moustique-tigre (aedes albopictus) sont plus douloureuses que celles de l’aedes caspius qui sévit plutôt à la campagne ou du fameux culex pipiens qui hante nos villes. Ses cloques marquent la peau au fer rouge.

L’insecte, surnommé ainsi pour ses rayures noires sur l’abdomen, peut propager des maladies tropicales graves, comme la dengue ou le chikungunya, pouvant être mortelles.

 

Il vient d’être détecté dans deux quartiers de Marseille (La Valentine et Saint-Barnabé), après s’être établi dans le Var, les Alpes-Maritimes et la Corse.

 

Il y a 20 ans, il avait déjà colonisé la Catalogne et une partie de l’Italie : en 2007, une épidémie de chikungunya avait touché 250 personnes en Émilie-Romagne.

Ce moustique n’est pas installé dans la région. « Il y a eu des introductions ponctuelles, notamment à l’automne 2009, sur une aire de l’A9 dans les P-O. Mais ces habitats ont été immédiatement éradiqués », confie un responsable du ministère de la Santé qui ajoute : « Pour l’instant, la Camargue fait tampon, notamment parce que ce moustique est affilié à l’homme : il vit avec lui et se calque sur ses rythmes. Cette région est bien surveillée comme Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et la façade Atlantique mais, à terme, il s’établira dans la région. »

Le climat s’y prêtant bien, le "tigre" choisira les zones urbaines, ses lieux de prédilection.

 En attendant, tout est fait pour retarder son implantation. Le ministère vient de décider de renforcer son dispositif de lutte estival contre cette seringue volante : une surveillance entomologique et humaine notamment. Les voyageurs revenant de zones à risques, comme la Guadeloupe ou la Martinique et présentant des fièvres suspectes seront signalés par leurs médecins traitants dans les départements où le "tigre" s’est établi.

Dans la région, le dispositif de surveillance est complété par quelque 300 pièges pondoirs (des petits pots accueillant un peu d’eau et une nacelle) le long des grands axes et ce, depuis l’épidémie de chikungunya qui a touché La Réunion, en 2006. « Ainsi, nous saurons en temps réel si une femelle "tigre" y a pondu », précise Yvon Perrin, responsable du réseau de surveillance à l’EID Méditerranée (Entente interdépartementale pour la démoustication).

A ce jour, aucun cas en France métropolitaine de chikungunya ou de dengue n’a été enregistré. Pour qu’il y ait un cas autochtone de ces maladies, il faut qu’un moustique-tigre femelle pique dans la région une personne déjà atteinte (un cas importé) puis pique d’autres personnes.

 

« Comme pour tout moustique, il faut préventivement assécher les petites collections d’eau : soucoupes de pot de fleurs, pneus usagés, jouets oubliés dans le jardin… », rappelle Didier Fontenille, qui dirige l’unité de recherche de vecteur à l’IRD (Insitut de recherche et développement), à Montpellier.

Le "tigre" vit avec et comme l’homme : c’est l’invité surprise de l’apéro de fin d’après-midi qui loge à 50 m de là. Gîte et couvert à domicile, en somme.

 

 Particulièrement vicieuses, les larves survivent plusieurs mois même dans un lieu asséché. Comme un pneu.

 

C’est comme cela qu’il a été importé il y a plusieurs décennies d’Asie du Sud-Est.



 

Année après année, le moustique-tigre, importé accidentellement d’Asie, colonise un peu plus le Sud de France. Il a été détecté il y a quelques jours, à Marseille. Pour l’instant, cet insecte particulièrement agressif et potentiellement capable de transmettre des maladies tropicales graves comme la dengue ou le chikungunya, n’est pas établi en Languedoc-Roussillon. Mais la région est en sursis. Le ministère de la Santé vient de renforcer son dispositif de surveillance. Dans la région, 300 pièges pondeurs ont été disséminés le long des grands axes. Pendant ce temps, la démoustication continue : en 2009, quelque 45 000 hectares ont été traités.

Sus au moustique ! Surtout s’il est aussi carnivore que son surnom le laisse penser. Les piqûres du moustique-tigre (aedes albopictus)

sont plus douloureuses que celles de l’aedes caspius qui sévit plutôt à la campagne ou du fameux culex pipiens qui hante nos villes. Ses cloques marquent la peau au fer rouge.

L’insecte, surnommé ainsi pour ses rayures noires sur l’abdomen, peut propager des maladies tropicales graves, comme la dengue ou le chikungunya, pouvant être mortelles. Il vient d’être détecté dans deux quartiers de Marseille (La Valentine et Saint-Barnabé), après s’être établi dans le Var, les Alpes-Maritimes et la Corse. Il y a 20 ans, il avait déjà colonisé la Catalogne et une partie de l’Italie : en 2007, une épidémie de chikungunya avait touché 250 personnes en Émilie-Romagne.

Ce moustique n’est pas installé dans la région. « Il y a eu des introductions ponctuelles, notamment à l’automne 2009, sur une aire de l’A9 dans les P-O. Mais ces habitats ont été immédiatement éradiqués », confie un responsable du ministère de la Santé qui ajoute : « Pour l’instant, la Camargue fait tampon, notamment parce que ce moustique est affilié à l’homme : il vit avec lui et se calque sur ses rythmes. Cette région est bien surveillée comme Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et la façade Atlantique mais, à terme, il s’établira dans la région. »

Le climat s’y prêtant bien, le "tigre" choisira les zones urbaines, ses lieux de prédilection. En attendant, tout est fait pour retarder son implantation. Le ministère vient de décider de renforcer son dispositif de lutte estival contre cette seringue volante : une surveillance entomologique et humaine notamment. Les voyageurs revenant de zones à risques, comme la Guadeloupe ou la Martinique et présentant des fièvres suspectes seront signalés par leurs médecins traitants dans les départements où le "tigre" s’est établi. Dans la région, le dispositif de surveillance est complété par quelque 300 pièges pondoirs (des petits pots accueillant un peu d’eau et une nacelle) le long des grands axes et ce, depuis l’épidémie de chikungunya qui a touché La Réunion, en 2006. « Ainsi, nous saurons en temps réel si une femelle "tigre" y a pondu », précise Yvon Perrin, responsable du réseau de surveillance à l’EID Méditerranée (Entente interdépartementale pour la démoustication).

A ce jour, aucun cas en France métropolitaine de chikungunya ou de dengue n’a été enregistré. Pour qu’il y ait un cas autochtone de ces maladies, il faut qu’un moustique-tigre femelle pique dans la région une personne déjà atteinte (un cas importé) puis pique d’autres personnes. « Comme pour tout moustique, il faut préventivement assécher les petites collections d’eau : soucoupes de pot de fleurs, pneus usagés, jouets oubliés dans le jardin… », rappelle Didier Fontenille, qui dirige l’unité de recherche de vecteur à l’IRD (Insitut de recherche et développement), à Montpellier.

Le "tigre" vit avec et comme l’homme : c’est l’invité surprise de l’apéro de fin d’après-midi qui loge à 50 m de là. Gîte et couvert à domicile, en somme. Particulièrement vicieuses, les larves survivent plusieurs mois même dans un lieu asséché. Comme un pneu. C’est comme cela qu’il a été importé il y a plusieurs décennies d’Asie du Sud-Est.

 

 

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Publié dans Cadre de vie

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