Schumacher roule pour eTricks, mobylette cévenole
La poignée de jeunes têtes bien faites qui a conçu au Pôle mécanique d’Alès la mob du XXIe siècle, non polluante et presque totalement recyclable, ne pouvait rêver meilleur ambassadeur que l’un des plus grands pilotes de l’histoire de la Formule 1 pour asseoir sa notoriété naissante.
À mille lieux de tout contrat publicitaire inaccessible pour cette micro-entreprise. Michael Schumacher est juste un fan pur jus de ce drôle d’engin made in Gard qu’il conduit sur tous les paddocks de F1 dès qu’il quitte le baquet de sa Mercedes.
Pour sûr, la fée électricité est passée par là. À la petite structure cévenole, aussi enthousiaste qu’innovante de jouer de cette pole position pour aborder le délicat virage de son futur développement.
Les membres de l’équipe de la société cévenole SEV, qui se
comptent sur les doigts d’une main, se pincent encore pour y croire. Le septuple champion du monde roule sur leur cyclomoteur gratuitement, tandis que le géant Mercedes-Benz a offert un salaire annuel de sept millions d’euros pour le retour en F1 de Michael Schumacher.
Un investissement défendu par l’exécutif allemand comme un moyen de vendre des voitures de la marque au grand public.
Du côté d’Alès, c’est "100 % électrique, 100 % silencieux, 100 % fun".
À ces trois caractérisques utilisées pour promouvoir leur engin écolo baptisé "eTricks", conçu près du Pôle mécanique de la ville, les trentenaires gardois peuvent ajouter 100 % baraka.
« Deux jours avant le Grand Prix de Monaco, raconte Florent Vitiello, président de SEV, à la demande du représentant de nos actionnaires belges, j’ai livré un cyclomoteur à Gaetan Vigneron, un journaliste de la RTBF, pour qu’il se déplace en eTricks sur les paddoks. Le soir même, l’actionnaire m’appelle, chamboulé. Deux mécanos de Michael Schumacher avaient demandé à Gaetan s’ils pouvaient venir récupérer le produit en catimini. Schumi avait craqué sur son design et voulait à tout prix l’essayer mais ses sponsors ne le lui permettaient pas ».
La veille de la course, le célèbre pilote en personne confie tout sourire au journaliste auquel il n’a jamais autant adressé la parole.
« C’est extraordinaire. Je veux être le premier à l’avoir. Peux-tu contacter la boîte pour qu’elle me le facture ? Je le garde. »
À Alès, le cœur battant, Florent Vitiello regarde le Grand Prix de Monaco à la télé dans le fol espoir d’apercevoir son eTricks.
Très vite, son vœu est exaucé. Tout ce que conduit le "Baron rouge" ne laisse personne indifférent. Les médias s’intéressent à l’affaire.
Les photos de Schumi parcourant au grand jour les stands et les abords des circuits de F1 s’étalent dans la presse spécialisée, jusqu’en Espagne et en Angleterre, où le nouveau joujou de Michael Schumacher fait le buzz.
Dans un milieu rompu au boucan assourdissant des moteurs atmosphériques, l’image du recordman de victoires en Grand Prix glissant sur une mobylette muette et non polluante, amuse et en jette plein les mirettes.
La mini structure cévenole, elle, prend les choses on ne peut plus au sérieux.
Le crack du volant a commandé deux autres cyclos, un noir mat et un polymiroir, sollicitant que sa propre marque "MS" remplace celle de l’eTricks sur le cadre.
Sorti de la chaîne de montage très artisanale d’Alès, le premier fin prêt lui sera livré dans quelques jours. Pas question toutefois de le montrer avec la prestigieuse griffe Michael Schumacher.
Florent Vitiello, partagé entre le besoin de faire savoir et l’exploitation commerciale d’un nom mondialement connu, s’interdit de franchir le pas.
« Un contrat publicitaire de Michael Schumacher se chiffre en centaines de milliers de dollars. Un procès, et on est mort. »
Les Gardois inventeurs de ce deux roues à nul autre pareil, se contentent de cet incroyable cadeau.
Le pilote qui possède le plus beau palmarès du sport auto, connu pour être le plus performant dans les mises au point et les réglages, valide leur technologie.
Le président de SEV ne peut cependant s’empêcher de voir plus loin. « Michael Schumacher s’engagerait-il officiellement dans l’aventure ? » La jeune marque, qui dévoile son nouveau scooter en octobre prochain en Allemagne, y voit bien sûr un bon présage.
Tout ce que conduit le "Baron rouge" sur les circuits de F1 ne laisse personne indifférent, surtout pas les médias, à l’image d’Auto Plus.