Les platanes malades du Canal du Midi devront être sacrifiés

Publié le par Yvon Bertrand

Les quelque 42.000 platanes du Canal du Midi plantés le long des 240 kms de berges qui relient la Garonne à la mer Méditérannée sont menacés par un mal incurable et devront être sacrifiés. Entre plans d'abattage et campagnes de replantation, les pouvoirs publics s'organisent pour remplacer la voûte arborée emblématique de l'ouvrage et ainsi sauver le label Unesco de ce site.

Le Canal du Midi, voie fluviale très prisée des touristes, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996 et quelque 42000 platanes lui garantissent une voûte ombragée.

Mais ces derniers sont atteints d'une maladie incurable, colonisés par un champignon microscopique, le « chancre coloré » ou Ceratocystis Platani. Ce virus a débarqué en Provence en 1944 avec les GI's américains et leurs caisses de munitions en bois de platane.

Selon les spécialistes, 90% des platanes seraient déjà contaminés. Aucun traitement n'existe et le champignon se propage à une vitesse alarmante.

Selon la Préfecture de Midi-Pyrénées, on ne comptait que 58 foyers l'an dernier, il y en a près de 210 aujourd'hui. Les Voies Naviguables de France (VNF), gestionnaire du Canal, ont donc annoncé la coupe progressive de tous les arbres, la plupart bicentenaires, d'ici 2015 ...

Deux mille arbres ont déjà été arrachés entre Sète et Toulouse. La campagne d'abbatage va maintenant s'accélérer avec pour objectif atteindre 4000 coupes par an d'ici fin 2012.

Frênes et platanors ...

Deux programmes de replantations sont prévus pour l'hiver 2011, le long du Canal, dans les secteurs les plus touchés du département de l'Aude.

Deux variétés différentes de platanes seront plantées pour éviter la même propagation des maladies : d'un côté, des frênes et de l'autre des "platanors", une nouvelle variété hybride de platanes, résistante à la maladie. A noter que le Platanor sera planté sur les lieux les plus emblématiques du Canal.

Entre l'abattage, la replantation, mais aussi la restauration des berges, le coût des opérations est estimé à 200 millions d'euros.

Alors qui va payer ?

C'est toute la question qui se pose actuellement car la conservation du label Unesco est également en jeu. Une campagne de donations privées doit bientôt être lancée par les Voies navigables de France (VNF) afin de conserver ce site expectionnel.

Qui va payer ?

Ce 26 juillet 2011, une table ronde sur le tourisme s'est tenue à Agde, au cours de laquelle le président Nicolas Sarkozy a promis que le gouvernement allait s'associer aux élus locaux pour "sauver" le Canal du Midi : « C'est un grand malheur. Cela me touche beaucoup, ça fait partie de notre patrimoine, a déclaré Nicolas Sarkozy, et je vais demander à Frédéric Lefebvre (secrétaire d'Etat au Tourisme) et Nathalie Kosciusko-Morizet (ministre de l'Ecologie) de vous recevoir pour voir comment nous pouvons nous associer à vous pour sauver ce patrimoine exceptionnel », a-t-il assuré,.

Jeudi, le dossier des platanes sera également au menu du comité de pilotage de la charte inter-régionale du Canal des Deux mers, à Toulouse.

Cette instance, qui associe l'Etat, VNF, les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine devrait être élargie au Languedoc-Roussillon et aux conseils généraux des départements traversés.

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Publié dans Tourisme

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