La gare de Perpignan...Centre du Monde !
Pour les perpignanais et les catalans, il n’y a aucun doute :
La gare de Perpignan est le centre du monde et personne n’oserait dire le contraire puisque c’est Salvador Dali qui l’a ainsi décrété !
C’est donc le 27 août 1965 que Salvador Dali fit la « célèbrissime » révélation au cours d’une visite à Perpignan que l’enthousiasme de la population rendit tout à fait inoubliable.
Il en profita donc pour raconter que deux plus ans plus tôt il avait ressenti une extraordinaire sensation qu’il nomma « extase cosmogonique ».
Il le déclara en ces termes :
« Ce 19 septembre 1963, j’ai eu à la gare de Perpignan une espèce d’extase cosmogonique plus forte que les précédentes. J’ai eu une vision exacte de la constitution de l’univers. »
Par la suite le plafond de la salle des pas perdus a été repeint à la façon de Dali et le dallage du parvis n’échappa pas, lui non plus, à la « cosmogonique influence ».
Y furent ainsi reprises les grandes lignes du tableau « la gare de perpignan » que Salvador Dali a présenté en 1965 à New-York.
Dali avait donc définitivement scellé le destin célèbre de la gare de Perpignan en quelques paroles et quelques traits de peinture !
Un peu tiré par les cheveux ??? oui… peut-être, mais même si c’est aussi « fou » qu’aimait à le dire l’artiste…
on a bien le droit d’y croire et de s’accommoder de ce que… le poète ait toujours raison !!!
La Gare de Perpignan 1965 ( Huile sur toile 295x406 )
La gare de Perpignan est une huile sur toile de SALVADOR DALI, datant de 1965 et mesurant 296*406 cm, elle est exposée au museum de Cologne. Dali peint cette oeuvre à une époque où la mort est au coeur de ses préocupations.
Le sacrifice du fils est transposé sous les traits du Christ en croix, avec sa couronne d'épines, flottant au centre de la composition.
La plaie sanglante du Christ est associée à la fourche du paysan (sur la droite) qui s'enfonce dans la terre (rituel de la fécondité).
Dali est représenté deux fois dans l'axe vertical : il apparaît dans la lumière, au centre du tableau flottant les bras en croix, ainsi qu'au sommet du tableau.
Sur le bas du tableau s'étend une mer calme sur laquelle navigue une barque, symbole antique du passage de la vie à la mort, ce qui renforce encore le thème du sacrifice du Christ.
Au-dessus de la mer, une femme présentée de dos assiste à toutes ces scènes, immobile, rappelant ainsi l'impuissance de l'homme face à la mort, symbolisée non seulement par la sanglante blessure du Christ, mais également par Dali, qui, bras et jambes écartés semble chuter vers nulle part.
Sur le haut du tableau une locomotive surgit de nulle part et rappelle un des thèmes central du tableau, la gare de Perpignan.
Sur la gauche du tableau, sont incarnées des valeurs (le couple portant des sacs de blés incarne le travail, et l'homme en position de recueillement incarne le respect).
A droite du tableau sont incarnés les péchés et les souffrances (l'homme et la femme représentent la luxure, et la femme le deuil).
Au centre la croix rayonne sur l'ensemble du tableau : c'est là que la lumière est la plus vive et la plus intense. Les rayons qui se propagent montrent l'éclat et la puissance de l'homme malgré la mort qui le guette.
Trois éléments ressortent du tableau : la plaie, Dali, la locomotive. Ils sont dessinés de manière nette, tandis que le Christ, les valeurs et les péchés apparaissent moins clairement, leurs contours étant moins prononcés et leurs couleurs se confondant avec l'arrière plan.
La locomotive qui semble surgir de nulle part montre le Surréalisme de cette oeuvre.
Elle est dessinée dans le tableau à partir des pensées de Dali de façon irréelle en la mélangeant avec d'autres thèmes qui n'ont rien en commun avec une locomotive.
Dali est représenté deux fois où il chute de nulle part ce qui est une certaine forme de Surréalisme ( bien sûr imaginaire), et cela va contre les exigences de la raison.
Cet ouvrage est considéré comme une des oeuvres représentatives du Surréalisme.
L'effet de lumière qui projette Dali au centre du tableau semble intéressant.
Tout comme les jeux de couleurs allant du brun clair au brun fonçé et du jaune clair au jaune fonçé, rendant les éléments de la toile plus ou moins importants.
Publicité
