Les éthylotests sont fabriqués dans l’Hérault

Publié le par Yvon Bertrand

 

Près de Montpellier, entre 170 000 et 200 000  éthylotests sont donc fabriqués chaque jour par une centaine de personnes, 24 h/24.

Si les tubes sont remplis de manière automatique, le reste est assemblé à la main.

Le marché est florissant.

 Et il le sera de plus en plus.

En effet, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer des mesures concernant l'obligation d'avoir deux éthylotests par véhicule.

Sachant que la France compte 36 millions d’automobilistes, le calcul est simple et l’avenir de Contralco tout tracé. Le décret devrait être signé fin février de l'année prochaine pour une mise en application au 1er octobre 2012.

On le sait, l'alcool est un des facteurs majeurs en matière d'accident mortel.

 Il est à l’origine de 34 % des accidents mortels toute l’année, et ce taux monte à 42 % pendant les week-ends. Pas étonnant alors que 91 % des Français soient favorables à ce qu’un éthylotest antidémarrage soit installé sur tous les véhicules vendus en France (enquête Louis Harris d’octobre dernier).

Des éthylotests exportés partout dans le monde

Mais Contralco, fournisseur officiel des forces de police et de gendarmerie, ne limite pas son territoire commercial à l’Hexagone. En effet, la société exporte dans 47 pays à travers le monde. Aussi bien en Afrique (Maroc, Cameroun, Algérie,...) qu’en Amérique du Sud (Brésil, Uruguay...), qu’en Israël ou dans de nombreux pays d’Europe (Espagne, Grande-Bretagne...).

Avec 0,5 g d’alcool autorisé par litre de sang , la France est dans la moyenne européenne. Certains États sont plus sévères comme la Russie, par exemple, qui vient de passer à une tolérance de 0,1 gramme d'alcool par litre de sang ou la Pologne et la Suède qui sont à 0,2 g.

L’an prochain, Contralco aura ses 30 ans.

Et au rythme où les gens boivent... pour oublier la crise ou fêter de joyeux événements, son avenir semble radieux.

Les éthylotests bientôt obligatoires dans les voitures ?

La présence d’un éthylotest dans chaque véhicule pourrait être obligatoire à partir du printemps prochain. Une mesure bien accueillie mais qui soulève des questions.

Les éthylotests seront bientôt obligatoires
Les éthylotests seront bientôt obligatoires  
 

Après les discothèques et les bars à ambiance musicale, les voitures. Nicolas Sarkozy a annoncé avant-hier une série de mesures ambitieuses sur la sécurité routière, à l’occasion de la « cérémonie des Echarpes d’or de la prévention routière ». Parmi elles, le déploiement de 400 radars fixes supplémentaires d’ici à fin 2012, et surtout l’obligation de posséder un éthylotest dans chaque véhicule « à partir du printemps prochain ».

 « Il s’agit du ballon dans lequel on souffle, qu’il faudra avoir dans sa voiture sous peine d’écoper d’une amende de 11 € », a précisé le délégué interministériel à la sécurité routière, Jean-Luc Névache.

Les organisations professionnelles des cafetiers, hôtels et restaurants se sont aussitôt réjouies de cette annonce. « C’est bien, on avance », s’est félicité Laurent Lutse, le président de la branche spécialisée dans le monde de la nuit de l’Umih, la principale organisation professionnelle du secteur.

Le Synhorcat, autre syndicat, s’est également déclaré favorable, car « 80 % de la consommation d’alcool a lieu en dehors des cafés, restaurants et discothèques ». « Cette idée est intéressante, car elle joue un rôle de sensibilisation, de prévention, et d’éducation sur les dangers de l’alcool au volant pour la génération actuelle et les générations futures », estime, pour sa part, Laurent Hecquet, le délégué général de 40 millions d’automobilistes, rappelant que cette disposition existe depuis quarante ans « mais n’a jamais été appliquée ».

L’association pointe tout de même quelques interrogations. « Pour que cela soit efficace, il faudrait que les éthylotests soient lisibles. Car aujourd’hui, les résultats ne sont pas très clairs, et sont difficiles à lire, surtout dans une voiture et dans le noir. En outre, la notice indique que les éthylotests doivent être conservés entre 10 °C et 40 °C, or les températures peuvent monter au-delà dans une voiture garée en plein soleil. »

Laurent Hecquet préconise également un travail important de pédagogie auprès des automobilistes, car le taux d’alcoolémie augmente pendant trente minutes après l’ingestion d’alcool, et ceux-ci n’en sont pas forcément conscients.

Généralisation des éthylotests antidémarrage ?

Le gouvernement songerait même à aller beaucoup plus loin dans la lutte contre l’alcool au volant. Selon une source gouvernementale citée par l’AFP, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a saisi Bruxelles pour rendre obligatoire dans l’Union européenne l’installation d’éthylotests antidémarrage dans chaque voiture (obligation de souffler avant de démarrer et blocage en cas de contrôle positif). Ces éthylotests se mettent déjà progressivement en place dans les transports en commun. Ils sont obligatoires dans les cars neufs de transport d’enfants depuis le 1er janvier 2010. « L’obligation sera étendue à tous les autocars affectés à un transport en commun de personnes et sera effective à partir du 1er septembre 2015 », rappelle l’Elysée, dans un communiqué.

« Depuis peu, les éthylotests antidémarrage peuvent être imposés, sur décision de justice, aux automobilistes ayant déjà été arrêtés pour conduite en état d’ivresse. Aujourd’hui, ils ne sont pas proposés en série, en France, mais les automobilistes souhaitant l’installer sur leur véhicule peuvent le faire dans des garages agréés par les fabricants », indique Pascal Pennec, journaliste à Auto plus.

 Mais Laurent Hecquet n’est pas convaincu que leur généralisation à tous les véhicules neufs soit pertinente. « Cela risquerait d’être très coûteux pour les automobilistes, et rien n’est prévu pour les motos, ce serait deux poids, deux mesures », déplore-t-il.

 

 

 

 

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Publié dans Economie Locale

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