Triste fin pour " l'Assunta II " ....
Victime d’une voie d’eau, le chalutier sétois a sombré jeudi après-midi, à 46 km des côtes. L’équipage est sain et sauf.
La flottille de pêche sétoise compte depuis jeudi une unité en moins. Et il y a désormais une place vide devant le bar de La Marine. Comme nous vous l’avions annoncé dans notre édition d’hier, le chalutier l’Assunta II a fait naufrage, avant-hier, en fin d’après-midi, alors qu’il s’apprêtait à rentrer au port avec sa pêche.
Tout commence vers 15 h 45. Alors qu’elle est de sortie au large du Cap-d’Agde, la vedette de la gendarmerie maritime de l’Hérault capte un appel de détresse.
Il émane de l’Assunta II, un chalutier pélagique construit en 2002, à coque métal (1). Il se trouve à environ 25 milles nautiques, soit 46km, au large de Sète.
La météo est bonne. La mer est belle, le vent de sud-est souffle à 4 nœuds. Mais pour des raisons qu’il appartiendra aux enquêteurs d’éclaircir, une importante voie d’eau vient de se déclarer à babord arrière du bateau, à hauteur de la ligne d’arbres.
Deux moto-pompes en action
La vedette des gendarmes file aussitôt, à une vitesse de 25 nœuds, en direction du chalutier. 23 milles les séparent. Pendant ce temps, le Cross-Med (2), alerté par le sémaphore de Sète, prend la direction des opérations de secours.
L’hélicoptère Dauphin de la Marine Nationale est également dépêché sur place.
Le Charles-Gilberte II et l’Odyssée II, les deux chalutiers les plus proches de leur homologue en difficulté, rallient la zone.
Vers 16 h 30, arrivé à sa hauteur, l’Odyssée II recueille le patron-pêcheur, Jean-Philippe Rigal, et ses quatre hommes d’équipage, sains et saufs.
Puis il transborde une première moto-pompe à bord de l’Assunta II.
Celle du canot pneumatique de la gendarmerie maritime est aussi mise à contribution.
Peine perdue. Le bateau gîte dangereusement. Et s’enfonce inexorablement dans les eaux. Vers 17 h 30, une demi-heure après l’arrivée de l’hélicoptère, c’est le naufrage, par 95 m de fond.
La balise de détresse, qui s’est déclenchée juste au moment où il a commencé à sombrer, sera récupérée par la gendarmerie maritime.
Toujours sous le choc, comme ses hommes, le patron-pêcheur n’a pas souhaité s’exprimer, hier. Le naufrage n’a certes pas fait de victimes, contrairement au dernier en date
Mais au traumatisme psychologique subi s’ajoute la perte irréparable de son outil de travail.
(1) Construit en 1970, l’Assunta tout court, lui, est un chalutier de fond à coque bois.
(2) Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage en Méditerranée
Il y a douze ans, le drame du 'Régina-Maris'
Le dernier naufrage d'un chalutier sétois remonte au 22 février 1999.
Contrairement à celui de l' Assunta II, le bilan avait été dramatique : un homme y avait perdu la vie.
Ce jour-là, la météo était particulièrement mauvaise. Le vent soufflait à plus de 18 nœuds, avec des rafales de 35.
Vers 16 h, alors que, rentrant au port, il se trouvait à 11 milles des côtes, le Régina-Maris fut victime d'une importante voie d'eau à l'avant.
Le chalutier de Bernard Di-Maïo allait sombrer en un quart d'heure.
N'ayant pu utiliser leur canot de sauvetage automatique, les cinq hommes d'équipage n'avaient eu d'autre solution que de plonger avec leurs brassières.
Avant l'arrivée des secours, ils étaient restés près d'une heure dans une eau à... 7 °C. Mais entretemps,
le matelot sénégalais Dieng More M'Ballo, surnommé James, 44 ans, avait cessé de vivre.
Le lendemain, en signe de deuil, toutes les unités de la flottille étaient restées à quai.
