Aménagement de la bande côtière valrasienne : les récifs artificiels

Publié le par Yvon Bertrand

  

La bande côtière de notre Région   est un espace qui fait l’objet d’un fort engouement.

Siège de nombreuses activités touristiques (voile, plongée, pêche de plaisance..), elle reste le lieu d’une activité halieutique importante : pêche professionnelle de poissons et de coquillages, élevage de moules sur filières

C’est au sein de cet espace très convoité que se déroulent des phases essentielles de la vie des organismes marins : site de frayère et de nourricerie, il est à la fois très productif et très fragile.

Or, il a subi durant ces dernières années de fortes pressions liées à l’extension de ports de plaisance et des villes côtières (pollutions terrigènes), aux variations des apports des fleuves côtiers, mais aussi à l’exploitation, parfois importante, d’arcs traînants (chalutiers notamment ou dragues) dans la zone des 3 milles nautiques.

Devant cette situation, les prud’homies de pêche ont réagi et ont souhaité que cet espace soit aménagé et réservé à certaines catégories de pêcheurs, travaillant avec des engins passifs et sélectifs, afin de redonner aux pêcheurs artisans quelque espoir dans l’avenir de leur activité.


Zone maritime de Valras

  
Cette zone  est essentiellement constituée de sédiments sablo-vaseux.

Une campagne d'immersion de récifs artificiels a eu lieu en 2006 au large de la commune avec
plusieurs objectifs :

  • maintenir la pêche artisanale,
  • protéger et gérer la ressource halieutique,
  • diversifier la pêche traditionnelle afin de la rendre moins sensibles aux aléas du marché des produits de la mer,
  • favoriser la concentration d’espèces nobles sur une zone particulièrement productive,
  • mieux maîtriser l’effort de pêche sur un secteur riche en ressources halieutiques.


Organisation administrative

 

  • Maîtrise d’ouvrage : Commune de Valras
  • Maîtrise d’oeuvre : BRL
  • Coût : 417 000 € HT
  • Financements :
              Région Languedoc-Roussillon : 20 %
              Département de l’Hérault : 10 %
              Commune de Valras-Plage : 20 %
              Europe : 50 %


    Les récifs artificiels


     Les récifs artificiels sont :


    "des structures immergées volontairement dans le but de créer, protéger, restaurer un écosystème,
    pouvant induire des réponses d’attraction, de concentration, de protection, d’augmentation de la biomasse de certaines espèces »

    Le Golfe du Lion est un milieu particulièrement riche, dont la forte productivité est liée aux apports des fleuves côtiers, en particulier le Rhône. Il comporte peu de substrats rocheux naturels, mais ces sites rocheux sont particulièrement poissonneux et constituent donc des zones de pêche privilégiées pour les pêcheurs côtiers.

    Les récifs artificiels sont placés sur le fond pour « mimer » les caractéristiques des milieux rocheux naturels : la fixation d’organismes sur les substrats durs s’effectue à une vitesse étonnamment rapide. Ainsi, au bout d’un an, à Valras, le béton des modules était intégralement recouvert de moules, de vers tubicoles, de comatules, d’alcyonnaires.

    Toute une chaîne alimentaire peut alors se reconstituer.

    Les récifs servent non seulement de « garde-manger » mais aussi d’abris pour toutes les étapes de la vie des espèces (observation de pontes de seiches, de juvéniles de poissons …).

    Par ailleurs, l’aménagement dit en « villages » (où la distance entre les modules est calculée en fonction de leurs zones d’influence ) permet aux poissons de se déplacer d’un module à l’autre au sein même de surfaces vastes mais délimitées.

    Cet effet « producteur » se cumule à un effet « concentrateur » qui permet aux pêcheurs côtiers de bénéficier d’une ressource plus abondante (notamment de poissons nobles de grandes tailles) mais aussi plus proche.

    Enfin, l’aspect massif des récifs empêche l’utilisation d’engins tractés et réserve les espaces aménagés aux pêcheurs utilisant des engins passifs et sélectifs.


    Immersions des récifs au large de Valras 
















La zone d’immersion s’étend d’Ouest en Est, de l’embouchure de l’Aude à la plage de la
Redoute. Sur ce vaste secteur côtier, deux zones d’implantation ont été définies.
Zone 1 : située perpendiculairement à la plage, à l’ouest du débouché de l’Orb,
Zone 2 : de forme rectangulaire, qui s’étend parallèlement au rivage à mi-distance entre le
débouché de l’Aude et le débouché de l’Orb.





Caractéristique des immersions :

 

  • Superficie de la concession : 1,08 km2
  • Volume immergé : 950 m3
  • Profondeur : 9 à 20 m

Typologie des modules


        



 Suivis scientifiques


Les suivis scientifiques sont assurés par le groupement Océanide, ADENA, EPHE.



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