Le nouveau Centre de Détention Pénitentiaire du Gasquinoy

Dans moins d’un an, le nouveau
centre pénitentiaire de Béziers ( photo ci-contre ) entrera en service sur le site du Gasquinoy ( route de Capestang )
Début novembre 2009, en effet, la direction interrégionale des services pénitentiaires Midi-Pyrénées Languedoc- Roussillon, basée à Toulouse, pourra ainsi faire fonctionner cet établissement moderne d’une capacité de 810 places réparties sur le régime d’un centre de détention pour les petites peines (383 places plus 26 en semi liberté) et d’une maison d’arrêt (400 places), pour les détenus en attente de jugement ou condamnés à moins d’un an. D’ici là, les 300 ouvriers d’Eiffage construction seront à l’oeuvre selon un calendrier engagé il y a un an et demi et plus que respecté.
Pour l’heure, l’ensemble du gros oeuvre est terminé et les cellules (13,5 m² pour deux, 10,5 m² pour un seul détenu) sont en train d’être aménagées.
A l’extérieur du centre, les familles seront accueillies soit par l’administration, soit par le milieu associatif
("Un toit pour tous") dans des locaux dédiés.
Deux autres bâtiments seront quant à eux consacrés au personnel (280 dont 240 personnels de surveillance) avec des hébergements provisoires pour les stagiaires, les locaux de formation et le mess.
Une fois les grilles franchies, le premier bâtiment sera consacré à l’administration (bureaux,
personnel administratif, enseignant, gestion déléguée, travail pénitentiaire…).
A gauche, un bâtiment accueillera les parloirs des avocats et des familles mais également les unités de visite familiale, sortes de petits appartements permettant aux détenus de retrouver leurs familles pour une durée comprise entre 6 et 72 h.
Au premier étage, une zone de soin en ambulatoire sera gérée par l’hôpital de Béziers avec une quarantaine de soignants.
A droite, le rez-de-chaussée d’un autre bâtiment présentera une surface de 1 500 m² destinée aux ateliers :
« La société Gepsa, en contrat avec l’administration prendra notamment en charge le travail des détenus : elle les rémunérera mais devra également trouver des demandeurs de travail.
L’appel est lancé aux entreprises biterroises sachant que la notion de travail pour un détenu est très importante en matière de rythme quotidien, de confort de vie, pour l’indemnisation des victimes ou pour la réinsertion »,
commente Marie-Line Hanicot, adjointe au directeur interrégional des services pénitentiaires.
Au dernier étage de ce bâtiment sera installé le quartier des arrivants ainsi que le quartier d’isolement et disciplinaire.
Enfin, deux ailes spécifiques seront dédiées l’une au centre de détention, l’autre à la maison
d’arrêt avec notamment des salles d’activités, de musculation, des buanderies pour que les détenus puissent laver leur linge…
Au final, 25 000 m² de béton et 35 800 m² seront aménagés sur le site du Gasquinoy.
Peuplement arboré
et végétal projeté
Parmi les arbres existants, quatre dont un pin parasol ont été conservés. Sur les parkings,
38 arbres d’alignement sont prévus (taille à terme 15 à 25m) ; en limite nord/ouest, 27 pins en double alignement ; en remplacement des arbres abattus 5 pins parasols seront plantés. Arbres isolés en
accompagnement des masses boisées et des bosquets :
194 arbres (à terme 8 à 15m).
Haies de peupliers : 865 mètres linéaires
(216 arbres) ; haies de cyprès : 405ml (330
arbres) ; massifs boisés : 3.000 arbres ;
haies et massifs arbustifs : 3.180m 2 ;
arbustes et plantes vivaces :335m
mélanges fleuris : 1095m2 ;
engazonnement “glacis” traité en prairie : 18 465m 2 et 25 775m2.
Friches existantes fauchées : 75 030m 2.
lundi 2 mars 2009
O fficieusement, sans doute beaucoup plus. Huit mois avant son ouverture, le centre pénitentiaire de Béziers se prépare déjà à faire face à un phénomène de surpopulation. C'était déjà l'une des cinq prisons les plus importantes de France. Sa capacité va être augmentée.
Ce projet, d'aucuns le supputaient. Un groupe de syndicalistes l'a constaté au coeur même de l'établissement, jeudi après-midi. En tête de la délégation, se trouvait Gérard Comont, le secrétaire régional de la CGT Pénitentiaire. « Nous avons visité le chantier , relate-t-il, c'est un établissement gigantesque, c'est propre, c'est beau, mais nous avons découvert qu'ils prévoient l'installation de 160 lits superposés. Ça veut dire qu'ils tablent déjà sur une saturation de l'établissement. Qu'on va vite arriver à un millier de détenus. Et que le centre pénitentiaire va rapidement se dégrader. »
Cette prison dernière génération se veut, pourtant, exemplaire à plusieurs titres.
Elle accueillera par exemple, pour la première fois en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, des appartements qui permettront aux conjoints et enfants des détenus de venir vivre avec eux quelques jours au sein même de l'établissement . Mais le projet s'appuyait surtout sur un grand concept : l'encellulement individuel... Un principe, prévu par la loi, que la France ne parvient pas à appliquer .
Interrogée par Midi Libre, Marie-Line Hanicot, adjointe à la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, confirme le projet d'installation de lits superposés. « Je ne sais pas s'il y en aura 160, mais c'est de cet ordre-là. Mais, tempère-t-elle, ça ne veut pas dire qu'ils seront tous occupés. »
Ce rajout de lits ne devrait concerner qu'une partie du centre. La prison disposera précisément, selon Marie-Line Hanicot, de « 390 places en maison d'arrêt, 397 en centre de détention, 27 en semi-liberté ».
Or, comme c'est généralement le cas en France, « nous resterons totalement maîtres de l'occupation du centre de détention, il s'agit de personnes condamnées, explique Marie-Line Hanicot, le principe sera celui d'une cellule pour un détenu. Le taux d'occupation supérieur à 100 % ne pourra concerner que la maison d'arrêt, pour les personnes en attente de jugement. Nous ne pouvons pas les refuser.
Nous préférons doubler des cellules par précaution, plutôt qu'installer si besoin des matelas par terre. » Une simple précaution ? Un décret, paru en juin 2008, autorise désormais les détenus en attente de jugement à demander une cellule individuelle dans une maison d'arrêt. En théorie. Il ne s'applique, en effet, que dans la limite des places disponibles. Et les maisons d'arrêt françaises sont saturées. Difficile d'imaginer que les lits supplémentaires de Béziers resteront inoccupés pendant des années.Le 22 janvier 2009, Midi Libre révélait le contenu d'une étude du centre hospitalier de Béziers. Le rapport pointait la faiblesse des moyens de l'Uscla, l'unité de soins détachée auprès de la prison, en tablant, lui aussi, sur une surpopulation du centre, qu'il estimait à « une capacité opérationnelle de 950 détenus ».
En 2002, lors du lancement du projet au Gasquinoy, 600 places étaient prévues. La prison a finalement été conçue pour 810 détenus, avant que sa capacité effective ne soit portée aujourd'hui à près d'un millier de prisonniers. La valse des chiffres se poursuit.
Le remplissage du centre du Gasquinoy se fera de façon progressive au fil des mois.
Mais une chose est sûre : prison modèle ou pas, le centre de Béziers finira, lui aussi, par ressentir les effets d'une surpopulation carcérale record.