Un "Village de Marques" à Montpellier
Le président de l'Agglo de Montpellier , Georges Frêche, a annonce le jeudi 26 mars l'ouverture d'un Village de Marques à bas prix à Montpellier le 21 mars 2012. Marques Avenue Montpellier, qui sera situé à Odysseum 2, au sud de l'A9, le long de la route des plages, devrait être le premier village de marques du sud de la France. Le plus près d'ici étant celui de Romans, dans la Drôme.
Avec une surface commerciale de 18 000 m2 et 1 130 places de parking, il s'étendra sur 8 hectares de terrain. Ce projet devrait générer 360 emplois directs. 2,5 millions de visiteurs par an et un chiffre d'affaires annuel de 66,2 millions d'euros sont attendus.
Architecte du projet : Jean-Michel Wilmotte.
Montpellier sera la septième ville de France à accueillir Marques Avenue.
Cela dit, ce concept risque de connaître un grand succès populaire .
Au grand dam des commerçants du centre-ville qui, après la zone commerciale d'Odysseum I qui va faire émerger 96 commerces, voila une nouvelle flèche décochée à l'encontre du business dans le centre historique.
Georges Frêche : « On ne peut pas arrêter le développement. On me demande de ralentir mais retarder n'est pas une stratégie. C'est un coup fabuleux. »
Le patron d'Icade, Serge Grzybowski, dont la société est chargée de la commercialisation des Odysseum I et II, estime qu'il s'agit « d'un projet qui ose en dépit de la crise".
"C'est une nouvelle aventure qui va créer du dynamisme et de l'emploi ». Dans une revue détaillée, le fondateur de Marques Avenue, Alain Salzman a plaidé pour sa première enseigne « ouverte sur la Méditerranée. Ce sera un village à ciel ouvert. Les locataires sont des marques qui font rêver et qui vendent de 30 à 70 % moins cher. . Le projet vise à « capter une partie des 30 millions d'automobilistes qui circulent sur l'A 9 chaque année. Notre métier est de transformer ce flux. Les clients font 133 km en moyenne et ont un panier moyen de 138 euros » .
Plus qu'un concept, une gageure. Comme sur la concurrence vis-à-vis du centre-ville : « Si on était susceptible de fragiliser le commerce du centre-ville, Icade ne nous aurait pas mis aux portes d'Odysseum », revendique Alain Salzman. Quant à la concurrence annoncée à La Cavalerie et à Toulouse, Alain Salzman estime que cela relève de « l'effet d'annonce. Une chose est sûre, les marques de prestige comme Aubade, Princesse Tam Tam, Hugo Boss, Levi's, Nike, Puma, Adidas, Petit Bateau, Weston, Clarks ou encore Lancel et Delsay attendent depuis quinze ans de s'installer dans le Sud. »
Ce sera donc une réalité le 21 mars, « jour du printemps, à 11 h ! » Rendez-vous dans trois ans jour pour jour".
Les atouts du projet
Cette implantation constitue un nouveau moteur dans le développement de l'attractivité commerciale de l'Agglomération de Montpellier et renforce la vocation régionale de Montpellier.
En effet, Marques Avenue développe depuis 15 ans, au travers de ses centres de marques, une destination prisée par la population locale, mais également par les touristes et les habitants de régions voisines.
Par cette implantation en proximité de l'autoroute A9 la « Languedocienne » (30 millions de véhicules/an) et en stricte bordure de la D66, la route des plages, où passent chaque année des millions de véhicules, Marques Avenue attend 2,5 millions de visiteurs/an, venus de la région, habitués du complexe Odysseum ou en transit au cœur du Languedoc-Roussillon.
La conception de ce projet a été confiée à l'architecte Jean-Michel Wimotte et au designer Olivier Saguez.
Les avantages de cette implantation à Montpellier
· Capter les flux de l'A9 : directement accessible à partir de l'échangeur du Zénith, Marques Avenue attirera une clientèle nouvelle qui échappe aujourd'hui à Montpellier. Celle-ci pourra prolonger son séjour et ses achats vers Odysseum et le centre-ville.
· Consolider la dimension touristique de Montpellier : un pôle de cette importance et de cette renommée permettra d'attirer un flux touristique sur une zone de chalandise couvrant une partie du Sud de la France
· Lutter contre l'évasion commerciale, en complétant l'offre commerciale de l'Agglomération
· Répondre à l'évolution des modes de vie et des comportements d'achat
· Avoir une offre complémentaire à Odysseum et de son programme inédit en matière de loisirs.
Polémiques autour du projet
Hélène Mandroux dit NON
Nouvelle anicroche dans l’entente cordiale entre la mairesse de Montpellier et Georges Frêche.
"J’ai signé une convention en 2005 avec la chambre de commerce, le protocole Odysseum (1), et j’entends bien y rester fidèle. Et j’irai jusqu’au bout de la convention. Ce projet Odysseum II est sorti du jour au lendemain du chapeau. Personnellement, je ne soutiens pas ce projet. Peut-être qu’il y aurait d’autres lieux sur lesquels on pourrait mettre ce village. Je défends le commerce de centre ville car je n’admets pas de voir des commerces qui ferment en centre ville.
Je savais que l’agglo avait des contacts avec les gens qui font des villages de marques mais on n’a pas du tout discuté de l’endroit. D’autre part, c’est un lieu qui, aujourd’hui, n’est pas en zone constructible donc ça pourra poser des problèmes pour demain.
Pour l’instant, j’entends rester fidèle à la parole que j’ai donnée. Pour ce qui est de la suite, il faudra en discuter.
…N’oubliez pas que la ville est maîtresse de son territoire notamment au niveau des zones constructibles ou non constructibles et notamment des permis de construire. Ça fait partie des prérogatives de la ville. Et aujourd’hui le terrain n’est pas constructible. Peut-être que l’agglo ne le savait pas. Je ne sais pas. L’agglo aurait peut-être dû nous poser la question avant.
Raymond Couderc dit NON
Après Hélène Mandroux (PS), au tour de Raymond Couderc (UMP) de prendre position contre le projet de village des marques à Montpellier annoncé par Georges Frêche. Le maire de Béziers vient de faire connaître sa position par courrier aux maires des grandes villes, aux présidents des différents conseils généraux, aux présidents des CCI ainsi qu'aux principaux acteurs économiques du Languedoc-Roussillon. « Toutes les personnes qui connaissent un peu le monde du commerce savent que les villages de marques qui pratiquent des tarifs allant jusqu’à 30 % en dessous des prix habituels, assèchent totalement le commerce de détail dans un rayon, de 200 à 300 Km. Ce n’est donc pas seulement le commerce de détail montpelliérain qui est concerné mais bien le commerce
de l’ensemble de nos départements et de nos villes, écrit Raymond Couderc. L’appareil commercial de la région va être totalement déstructuré au profit d’un nouveau projet mégalomaniaque. Nous ne pouvons pas laisser faire sans réagir ! » L'élu, qui se présentera aux prochaines élections régionales face à Georges Frêche, propose aux destinataires de ce courrier d'adopter une motion pour s’opposer à l'implantation centre commercial « envisagée sans concertation et sans cohérence ».
Le Medef propose d'ouvrir le débat
Le syndicat patronal réclame de « sérieuses études d'impact »Président du Medef Montpellier-Sète-Centre Hérault, Rudy Iovino est intervenu hier, à son tour, dans le débat autour du projet d'ouverture de Village des marques, dans le cadre de la seconde tranche de développement d'Odysseum.
Sans s'y opposer catégoriquement, il en appelle à un « débat démocratique avec toutes les collectivités et à de sérieuses études d'impact , a fortiori en cette période de crise mondiale » .
Prenant acte des réactions, critiques, de la mairie et de la CCI, le président du Medef estime que « l'on ne peut que mesurer ce qui, au moins en terme de méthode, est inapproprié » . Selon lui - et « indépendamment même de la faisabilité de cette opération - la mairie avance la non-constructibilité des parcelles retenues -, le projet, en l'état, ne peut que, d'évidence, créer un déséquilibre au détriment des commerçants du centre-ville . Il demande donc que l'on réfléchisse de façon constructive et responsable » à un tel projet.
Pour ce faire, il juge que « seule la réflexion prospective et partagée permettra de sortir de l'ornière ». Comme Hélène Mandroux, la veille, lors du conseil municipal, Rudy Iovino rappelle que « c'est justement la concertation et le dialogue qui, en 2004 (pour Odysseum, ndlr) , ont permis de débloquer une situation jusqu'alors figée » .
Le NON de Jean-Pierre FABRE
Président de la chambre de commerce
"A la chambre de commerce et d'industrie de Montpellier, nous sommes contre un tel projet.Parce qu'il mettrait en difficulté non seulement le centre-ville de Montpellier mais également les zones commerciales autour de Lattes et de Pérols. Voire même au-delà puisque ce serait toute la zone de chalandise régionale qui en souffrirait. C'est pourquoi nous allons oeuvrer pour que ce projet soit combattu au niveau de la chambre régionale de commerce et d'industrie.
L'objectif est clair, il faut tout faire pour le bloquer.
Nous allons étudier, avec notre service juridique, les recours possibles. Voir dans quelle mesure nous pouvons agir. Mais nos moyens sont réduits, puisqu'avec la nouvelle commission départementale d'aménagement commercial, ni la CCI ni les consommateurs ne sont représentés. Il y a aujourd'hui un vide dans la démarche.
On va trop vite. Il y a aujourd'hui un total de surfaces commerciales qui correspondent à un potentiel de consommation adapté à la richesse de la population. Je crains que ce projet déséquilibre le tout.
Ce projet est trop précoce."