Robert Margé joue la carte du tourisme taurin...

Publié le par Yvon Bertrand

 





A 4 Kms du Clos Aimé Bertrand

Début du printemps sous le soleil de Fleury-d'Aude .

Ce jour-là, un tracteur promène sa remorque sur le relief des pâturages, à quelques pas de l'étang de Vendres. A bord, une vingtaine de Gardois sont en train de réaliser un rêve : approcher des toros de combat. Ces cornes créeront l'événement dans quelques semaines face aux toreros des grandes arènes. Ce jour-là, aux abords du Mas de la Bâtisse et du domaine des Monteilles, elles sont à eux. « On voulait voir des toros, on est allé en Camargue, on n'a rien vu ! », regrettent deux aficionados.
 Ici, non seulement ils jaugent les stars des futures corridas. Mais c'est un certain Olivier Margé, le fils de l'éleveur, qui leur livre ses secrets. Et le maître des lieux n'est jamais très loin. Les aficionados auront même droit à une petite entrevue avec lui avant de repartir le sourire aux lèvres.

Il faut dire que pour les passionnés de tauromachie, cet hôte d'un jour est tout sauf un inconnu. Robert Margé, c'est le directeur des arènes de Béziers. L'homme qui a favorisé l'éclosion d'un Sébastien Castella. Mais aussi l'un des éleveurs les plus en vue. Et pourtant : c'est ici, loin des projecteurs, des conférences, des plazas espagnoles et françaises qu'il tente l'un de ses paris les plus risqués. En misant sur un concept touristique unique. Un double emblème : le toro et le cheval. « Dans un lieu paradisiaque, hors du commun, qui respire la Provence », commente Robert Margé.
 Permettre au public d'évoluer au milieu des toros de combat, de vivre les ferrades, les tientas dans les arènes de la manade, s'offrir une virée à cheval dans un décor de rêve : le principe n'est pas nouveau.

Mais il n'a jamais été aussi abouti. « A ma connaissance , commente un aficionado, c'est le seul éleveur professionnel qui propose aux passionnés de venir voir les toros de combat, de les approcher, mais aussi de dormir sur place. » C'est l'une des particularités de ce site authentique entièrement géré en famille
.Il offre une véritable immersion dans le monde du toro et du cheval. On y trouve toujours des chambres d'hôtes à l'ancienne.

 Connaître la corrida

Mais la capacité de la manade a sérieusement évolué.

Création de gîtes, salles de mariage et séminaire, patio andalou, bar d'été, restauration par un traiteur renommé, communication signée Jean-Paul Jorge, figure de la bande FM... quitte à jouer la carte touristique, la famille Margé a employé les grands moyens. Tout l'équilibre financier des différentes activités de Robert Margé repose sur l'exploitation de sa manade. Et il compte bien en élargir la fréquentation.

Avec des projets pour le moins audacieux.

Sur place, on parle déjà d'un gîte nuptial au bord de l'eau. Et d'un gîte équestre, au coeur des écuries Napoléon avec vue... sur les boxes des chevaux. Immersion, qu'on vous dit !


Une affaire de famille

La manade reste une affaire de famille
Le secret de la Manade Margé réside dans un esprit familial préservé. Car dans la famille Margé, il y a la mère, l'épouse de Robert, ancienne Reine d'Arles, qui supervise notamment l'hébergement, la restauration. Il y a les filles, Caroline et Estelle, respectivement prof d'équitation et diplômée en accompagnement, qui font vivre la passion des chevaux.
Le fils, Olivier, qui s'occupe du campo avec les deux gendres, Vincent et Frédéric. Il y aussi le frère de Robert, Jacques, qui fait des allers retours entre les terres camarguaises et audoises. Et les petits-enfants, Anaïs, Emma, Aubin, Mathis, qui... sont déjà prêts à prendre la relève.
Toute la famille continue à vivre sur ces terres et à les faire vivre. Ces terres sur lesquelles certains
toreros viennent parfois s'offrir quelques instants de détente. Sébastien Castella y est chez lui

Les élevages de taureaux de corrida...
Une Activité INDESIRABLE
à l'embouchure de l'Aude

(Comité biterrois MNLE - Mouvement National de Lutte pour l'Environnement
Association agréée membre du Haut Comité de l'environnement)


Les marécages, impropres à l'agriculture et infestés de moustiques, avaient autrefois très mauvaise réputation. On s'efforçait de les assécher ou de les combler. Puis on a découvert l'extrême richesse des « zones humides» en flore et en faune. Dans l'étang de Vendres ont été recensées 45 variétés d'oiseaux inscrites dans le livre rouge des espèces menacées en France. Autour de l'étang poussent plusieurs dizaines d'espèces végétales très rares dont 8 sont légalement protégées. Les cueillir ou les détruire est interdit. Cette zone humide est un ultime refuge où subsistent des fossiles vivants. Le Conservatoire du littoral a entrepris d'acheter l'étang pour protéger cette inestimable biodiversité. La basse plaine de l'Aude a été confirmée comme zone de protection spéciale par l'arrêté ministériel du 26/10/04.

Or dans ce territoire légalement protégé sont élevés des centaines de bovins destinés à la tauromachie. En broutant et piétinant, ces lourds herbivores ont fait disparaître toute végétation sur de vastes surfaces. Combien de plantes rares ont été ainsi détruites?

La disparition du couvert végétal a privé la faune sauvage d'abri et de nourriture.
Combien d'espèces animales rares ont été ainsi acculées à l'exode ou à la disparition ?


Le Conservatoire du littoral devrait s'opposer à ce saccage mais pour les pouvoirs publics
la tauromachie est intouchable.

Les prés salés qui entourent l'étang sont sillonnés par une multitude de petits fossés dont le rôle est d'évacuer les eaux résiduelles du printemps pour relancer la croissance végétale. Or le piétinement des bovins efface ce système de drainage superficiel et compromet ainsi la production fourragère.

Dans les villages viticoles de la région de l’Aude, les champs sont traditionnellement toujours ouverts. Chacun, propriétaire ou non, pouvait autrefois se promener librement partout, dans les prés comme dans les vignes. Cette liberté de mouvement a disparu. L'élevage de taureaux de corrida exige de fortes clôtures. Le manadier les a multipliées pour morceler les vastes surfaces qu'il utilise. Une bonne partie de la base plaine de l'Aude, notamment le Canton et l'Estagnol, est aujourd'hui hérissée de barbelés qui font obstacle aux promeneurs, aux amoureux de la nature, à tous les villageois, provoquant conflits graves et gestes violents.

En résumé, les élevages des taureaux destinés aux corridas sont incompatibles avec la survie des espèces végétales et animales de l'étang de Vendres, nuisibles à la qualité des prés, incompatibles avec .les usages et la culture de la population locale.

 

 

 

Publicité

Publié dans Tauromachie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article