La guerre contre les moustiques continue...
Pas de répit dans la guerre contre les moustiques
Les planteurs de banderilles aux noms savants rappliquent.
Qu'il s'agisse de culex ou d' aedes, les moustiques refont surface....

et remettent en avant la démoustication, un boulot qui, lui, ne cesse jamais.
Ce travail est le garant d'une paix chèrement payée. Par an, un million d'euros pour les avions démoustiqueurs et autant pour les produits, dit-on à l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen.
Les collectivités doivent casser leur tirelire.
Ainsi, dans son dernier budget, le conseil général de l'Aude a prévu 940 899 € pour traquer l'insecte.
Entre Perpignan et Marseille, chaque année, l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID), livre une bataille sans merci.
A tire-d'aile, puisque les trois-quarts des traitements contre l'insecte piqueur, qui ne respecte pratiquement plus de trêve hivernale, sont réalisés par avion.
A la mi-janvier, les hostilités débutent. « Cette année, on a déjà traité 20 000 hectares. L'an passé, la totalité des interventions a porté sur 45 000 hectares, à raison de 10 000 hectares par semaine », commente Didier Moulis, directeur technique de l'EID.
Deux espèces , sur la cinquantaine que l'on rencontre dans l'espace méditerranéen français, sont dans la mire des démoustiqueurs : l'aedes caspius et l'aedes detritus, hôtes des zones humides littorales.
Ceux-là sont anthropophiles , c'est-à-dire qu'ils piquent l'homme, à l'instar du culex pipiens, que l'on voit en ville.
Avec six avions, des quads, des engins amphibies, des 4x4 et des pompes à dos, l'EID mène la lutte.
Cent personnes s'activent sur le terrain. « 70 % du temps de travail des agents est consacré à la surveillance. Dotés d'outils cartographiques, ils regardent s'il y a des larves », explique Didier Moulis.
Les larves sont dans le collimateur. L'efficacité passe par un traitement à ce stade.
La pluie et le vent contribuent aux éclosions massives. L'irrigation aussi. « Certaines années, dans le Gard, elle génère 70 % des éclosions de moustiques », note le directeur technique.
Cette année, l'EID a déjà traité plus que l'an passé. Mais moins que l'année précédente.
« Il n'y a pas d'année à moustiques comme d'année à méduses. En permanence, nous sommes face à une situation aléatoire. Une forte émergence en début de saison ne signifie pas qu'il y aura une grosse quantité d'insectes. Toute prévision se révèle impossible » indique Didier Moulis.
Etre réactif, c'est la clé du succès. Au-delà, les insecticides font leur oeuvre.
Depuis deux ans, le Temephos, substance active biocide , a été retiré du marché, remplacé par le plus onéreux BTI, un produit d'origine biologique que les larves ingèrent.
En terme d'efficacité, cette substitution n'a pas forcément convaincu les spécialistes. Il y a treize ans, l'EID traitait avec un avion. Aujourd'hui, il y en a six. L'emploi du BTI, seule alternative désormais, exige davantage de rotation pour un résultat identique.
« L'accumulation des contraintes risque de remettre en question l'efficacité de la démoustication. Le retrait de certaines substances actives, ajouté aux menaces visant l'épandage aérien, pèse sur le devenir de la lutte antivectorielle, nécessité sociale et mesure de santé publique », estime Christophe Lagneau, directeur recherche et développement à l'EID.
Après les épidémies de chikunguny a et le risque d'émergence de maladies tropicales liées au changement climatique, les professionnels de la démoustication ne cachent pas leurs inquiétudes.
L'Adege, qui regroupe les opérateurs publics, a rédigé une motion et entend saisir les instances nationales et européennes.
Très encadrée - puisque soumise à arrêté préfectoral relatif au mode opératoire et aux produits utilisés - la démoustication n'a plus vraiment d'ennemis farouches. « On explique le caractère raisonné de nos interventions », déclare Jean-Louis Gély, à l'EID. Et de conclure : « L'éradication n'a aucun sens. Et si l'on faisait l'impasse sur une seule saison de traitement, on reviendrait à la situation d'il y a 50 ans. Il faudrait alors déployer de gros efforts pour retrouver l'équilibre initial ».
Interview de Christian JEAN Président de l'EID Méditerranée
Les opérateurs en démoustication ont rédigé une motion de principe. Que se passe-t-il ?
Nous considérons que les directives européennes et leur transposition dans les directives nationales ont abouti à une réduction drastique des moyens d'intervention. Et l'on craint désormais que l'épandage aérien soit dans le collimateur. L'Europe s'attaque à l'épandage, par voie aérienne, des pesticides à usage agricole. Nous craignons que nos produits tombent dans le même système. On reste méfiant.
Selon l'Agence nationale pour la démoustication et la gestion des espaces naturels démoustiqués (Adege), le BTI ne suffit pas. Qu'en est-il ?
Ce bio insecticide ne peut être la seule alternative, mais un élément d'un ensemble de moyens biocides. L'industrie doit être incitée à proposer de nouveaux outils. La démarche est entreprise par les opérateurs et les organismes de recherche. L'Etat et l'Europe doivent agir.
Vous ne risquez pas d'être taxés de pollueurs ?
Depuis un demi-siècle, la démoustication joue la carte du développement durable. Le BTI agit sur les larves. L'Adege considère qu'il est impératif de disposer d'un moyen adulticide pour parer aux échecs inévitables et contrôler d'éventuels épisodes endémiques. On a vu les difficultés de contrôle de la dengue en Guyane...
COOPÉRATION avec le Maroc.
L'Entente inter- départementale pour la démoustication (EID) a signé récemment une convention avec le Maroc, plus précisément avec la direction générale des collectivités locales.
L'accord de coopération, qui formalise des échanges entretenus depuis longtemps, va courir sur trois années. Il porte notamment sur la formation et les transferts de technicité.
La coopération est effectuée sous l'égide de l'ambassade de France à Rabat . « En aucun cas, il ne s'agira d'un substitut opérationnel aux collectivités marocaines », précise l'EID.
Qu'il s'agisse de culex ou d' aedes, les moustiques refont surface....

et remettent en avant la démoustication, un boulot qui, lui, ne cesse jamais.
Ce travail est le garant d'une paix chèrement payée. Par an, un million d'euros pour les avions démoustiqueurs et autant pour les produits, dit-on à l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen.
Les collectivités doivent casser leur tirelire.
Ainsi, dans son dernier budget, le conseil général de l'Aude a prévu 940 899 € pour traquer l'insecte.
Entre Perpignan et Marseille, chaque année, l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID), livre une bataille sans merci.
A tire-d'aile, puisque les trois-quarts des traitements contre l'insecte piqueur, qui ne respecte pratiquement plus de trêve hivernale, sont réalisés par avion.
A la mi-janvier, les hostilités débutent. « Cette année, on a déjà traité 20 000 hectares. L'an passé, la totalité des interventions a porté sur 45 000 hectares, à raison de 10 000 hectares par semaine », commente Didier Moulis, directeur technique de l'EID.
Deux espèces , sur la cinquantaine que l'on rencontre dans l'espace méditerranéen français, sont dans la mire des démoustiqueurs : l'aedes caspius et l'aedes detritus, hôtes des zones humides littorales.
Ceux-là sont anthropophiles , c'est-à-dire qu'ils piquent l'homme, à l'instar du culex pipiens, que l'on voit en ville.Avec six avions, des quads, des engins amphibies, des 4x4 et des pompes à dos, l'EID mène la lutte.
Cent personnes s'activent sur le terrain. « 70 % du temps de travail des agents est consacré à la surveillance. Dotés d'outils cartographiques, ils regardent s'il y a des larves », explique Didier Moulis.
Les larves sont dans le collimateur. L'efficacité passe par un traitement à ce stade.
La pluie et le vent contribuent aux éclosions massives. L'irrigation aussi. « Certaines années, dans le Gard, elle génère 70 % des éclosions de moustiques », note le directeur technique.
Cette année, l'EID a déjà traité plus que l'an passé. Mais moins que l'année précédente.
« Il n'y a pas d'année à moustiques comme d'année à méduses. En permanence, nous sommes face à une situation aléatoire. Une forte émergence en début de saison ne signifie pas qu'il y aura une grosse quantité d'insectes. Toute prévision se révèle impossible » indique Didier Moulis.
Etre réactif, c'est la clé du succès. Au-delà, les insecticides font leur oeuvre.
Depuis deux ans, le Temephos, substance active biocide , a été retiré du marché, remplacé par le plus onéreux BTI, un produit d'origine biologique que les larves ingèrent.
En terme d'efficacité, cette substitution n'a pas forcément convaincu les spécialistes. Il y a treize ans, l'EID traitait avec un avion. Aujourd'hui, il y en a six. L'emploi du BTI, seule alternative désormais, exige davantage de rotation pour un résultat identique.
« L'accumulation des contraintes risque de remettre en question l'efficacité de la démoustication. Le retrait de certaines substances actives, ajouté aux menaces visant l'épandage aérien, pèse sur le devenir de la lutte antivectorielle, nécessité sociale et mesure de santé publique », estime Christophe Lagneau, directeur recherche et développement à l'EID.
Après les épidémies de chikunguny a et le risque d'émergence de maladies tropicales liées au changement climatique, les professionnels de la démoustication ne cachent pas leurs inquiétudes.
L'Adege, qui regroupe les opérateurs publics, a rédigé une motion et entend saisir les instances nationales et européennes.
Très encadrée - puisque soumise à arrêté préfectoral relatif au mode opératoire et aux produits utilisés - la démoustication n'a plus vraiment d'ennemis farouches. « On explique le caractère raisonné de nos interventions », déclare Jean-Louis Gély, à l'EID. Et de conclure : « L'éradication n'a aucun sens. Et si l'on faisait l'impasse sur une seule saison de traitement, on reviendrait à la situation d'il y a 50 ans. Il faudrait alors déployer de gros efforts pour retrouver l'équilibre initial ».
Interview de Christian JEAN Président de l'EID Méditerranée
Les opérateurs en démoustication ont rédigé une motion de principe. Que se passe-t-il ?Nous considérons que les directives européennes et leur transposition dans les directives nationales ont abouti à une réduction drastique des moyens d'intervention. Et l'on craint désormais que l'épandage aérien soit dans le collimateur. L'Europe s'attaque à l'épandage, par voie aérienne, des pesticides à usage agricole. Nous craignons que nos produits tombent dans le même système. On reste méfiant.
Selon l'Agence nationale pour la démoustication et la gestion des espaces naturels démoustiqués (Adege), le BTI ne suffit pas. Qu'en est-il ?
Ce bio insecticide ne peut être la seule alternative, mais un élément d'un ensemble de moyens biocides. L'industrie doit être incitée à proposer de nouveaux outils. La démarche est entreprise par les opérateurs et les organismes de recherche. L'Etat et l'Europe doivent agir.
Vous ne risquez pas d'être taxés de pollueurs ?
Depuis un demi-siècle, la démoustication joue la carte du développement durable. Le BTI agit sur les larves. L'Adege considère qu'il est impératif de disposer d'un moyen adulticide pour parer aux échecs inévitables et contrôler d'éventuels épisodes endémiques. On a vu les difficultés de contrôle de la dengue en Guyane...
COOPÉRATION avec le Maroc.
L'Entente inter- départementale pour la démoustication (EID) a signé récemment une convention avec le Maroc, plus précisément avec la direction générale des collectivités locales.L'accord de coopération, qui formalise des échanges entretenus depuis longtemps, va courir sur trois années. Il porte notamment sur la formation et les transferts de technicité.
La coopération est effectuée sous l'égide de l'ambassade de France à Rabat . « En aucun cas, il ne s'agira d'un substitut opérationnel aux collectivités marocaines », précise l'EID.
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