2009 : moins de CRS pour surveiller nos plages...

Publié le par Yvon Bertrand




L'effectif a diminué de 20 % en un an, au profit des maîtres nageurs du privé.

Les CRS désertent les plages du Languedoc-Roussillon. « Pour la deuxième année consécutive, il n'y aura pas de CRS-MNS (moniteur nageur-sauveteur) pour surveiller les baignades en ce mois de juin, ni au mois de septembre », s'alarme Bruno Bartocetti, coordinateur régional de l'Unité police (ex-Unsa), syndicat majoritaire en Languedoc-Roussillon.

« Quant aux effectifs de juillet-août, précise-t-il, ils vont être sérieusement revus à la baisse : les CRS étaient 647 en 2007 pour l'ensemble des côtes françaises. Ils n'étaient plus que 600 en 2008, et le chiffre va tomber à 495 cet été ! Soit moins 20 % en deux ans sur notre côte languedocienne »
, affirme-t-il encore.

Au-delà des secours en mer, la présence des CRS apporte « de la tranquillité et de la sécurité en dissuadant un certain nombre de comportements : drogue, exhibitionnisme, incivilités ou même bagarres » , sans oublier, le pouvoir juridique de police des CRS, que les autres surveillants de baignade n'ont pas, avec une « expérience de plus de 50 ans sur les côtes françaises », ajoute Bruno Bartocetti.

 Il précise que son organisation a recueilli « l'été dernier quelque 200 000 cartes postales de soutien d'estivants et d'élus dans le cadre de notre campagne pour conserver les CRS- MNS ».

Cette baisse d'effectif se fait au profit de maîtres-nageurs sauveteurs issus des rangs des pompiers ou de la SNSM.

Le syndicaliste en tire la conclusion suivante : « Encore une fois, nous constatons un désengagement de l'État qui met en péril le service public notamment pour les communes qui auront des moyens financiers limités pour employer des MNS privés. »

En moyenne « sur les plages surveillées, on passera cet été de deux policiers associés à un renfort d'un maître-nageur privé pour un policier et deux maîtres nageurs privés... »

Effectifs  : Agde : 8 CRS au lieu de 10 l'an dernier ; Valras : 6 au lieu de 7 ; Vias : 3 au lieu de 4 ; La Grande- Motte : 6 CRS au lieu de 8 ; Fleury, 5 au lieu de 6 ; Narbonne aura 6 CRS au lieu de 8 ; Port-la- Nouvelle : 4 CRS au lieu de 5 ; Barcarès : 8 CRS au lieu de 10 ; Collioure et Les Saintes-Maries- de-la-Mer gardent leur même nombre de CRS-MNS, 4.

Face à ces critiques syndicales, le Ministère de l'Intérieur réagit

« I l n'y aura pas d'abandon de plages, là où il y avait des CRS l'année dernière, il y en aura encore cette année »

Il reconnaît toutefois une diminution des effectifs.

 La surveillance des plages pour le secours des baigneurs sera assurée en juillet et août 2009 par 559 personnes au lieu de 600 l'été précédent, avec 155 CRS en moins, mais l'arrivée de 66 maîtres nageurs sauveteurs (MNS) de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) .

Dans un courrier au président des élus du littoral, Yvon Bonnot, la ministre Michèle Alliot- Marie a indiqué qu'elle avait « engagé une réflexion privilégiant un recentrage des activités (policières) sur leur coeur de métier : la tranquillité publique et la lutte contre la délinquance » .

A cet égard, « treize compagnies de CRS, 80 motocyclistes, 500 membres de la Sécurité publique et des gendarmes seront envoyés en renfort des effectifs locaux dans les villes balnéaires, des villes de montagne et des lieux touristiques » , pour un total « de 5 000 personnes » .

« Il faut trouver un équilibre entre l'aspect sécurité et celui du secours »
, insiste le ministère de l'Intérieur, en rappelant que la surveillance des plages et baignades « est légalement de la compétence des maires » .

Cet été , 493 CRS et 66 MNS de la SNSM seront déployés sur les plages. L e déficit de personnels surveillants sera de 3 personnes sur le littoral nord, de 16 sur le littoral ouest et de 22 sur le littoral sud.
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Publié dans Cadre de vie

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