Un exemple de gestion de l'eau : le camping " Sérignan-Plage"...
Le camping " Sérignan-Plage" est un exemple en matière de rationalisation de l'utilisation des eaux, potables et usées.
L'eau potable du camping est issue d'un forage qui exploite la nappe aquifère appelée astienne.
Utilisée par de nombreuses communes du Biterrois, cette nappe présente un risque de surexploitation.
La famille Amat, qui exploite l'établissement, a mis en place différentes mesures afin d'économiser cette eau.
« Ici, l'eau potable est réservée aux usages nobles. Elle est contrôlée. Par exemple, la douche et les mitigeurs sont équipés de limiteurs de débit, certains hébergements, comme ceux du nouveau quartier des Cabanes, des résidences mobiles, parfaitement intégrées au paysage, sont équipées d'un lave-vaisselle ce qui entraîne une réduction importante de la consommation d'eau », explique Jean-Guy Amat.
De plus, les jeunes plants sont arrosés par un goutte-à-goutte, connecté non pas au réseau d'eau potable, mais raccordé au réseau d'eau brute du Bas Rhône Languedoc, qui irrigue habituellement les terres agricoles.Enfin, les arbres et toutes les essences sont irrigués à l'aide d'un système novateur de traitement des eaux usées.
Le principe de ce procédé consiste à répartir dans des tranchées remplies de matériaux grossiers, des eaux usées préalablement décantées dans une fosse toutes eaux.
Les tranchées servent de réservoir de mise à disposition de l'eau pour les arbres plantés le long de celles-ci, assurant l'évapotranspiration.
« Ainsi, l'environnement est préservé. Par exemple, pas de rejet dans les cours d'eau, l'impact négatif sur le sous-sol est minimal, pas de rejet de germes dans la mer, la végétation reprend... ».
Et l'exploitant d'ajouter : « Les cabanes, avec son système d'assainissement écologique, participe tant au développement économique qu'à la protection de l'environnement. Il est l'illustration que ces deux notions "
Le Projet GEOASSEV démontre la fiabilité du procédé AMAT.
Contexte et objectifs
Le projet GEOASSEV ( 192.203 Euros ) a pour but de démontrer la fiabilité et la viabilité d’un système innovant de traitement individuel ou semi-collectif des eaux usées de petites communautés saisonnières ou permanentes dans les espaces littoraux fragiles.
La démonstration a été effectuée dans un camping de 23 ha ( Sérignan-Plage ) situé dans la région Languedoc-Roussillon. Dans ce contexte, la sauvegarde et la restauration du rôle fonctionnel de l’espace naturel et la restauration ou le maintien de la qualité des eaux de surface et souterraines sont cruciales.
Le projet vise à l’amélioration de la qualité des eaux de surface du point de vue physico-chimique (eutrophisation) et bactériologique (baignade) ainsi qu’à la préservation des ressources en eau par la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des espaces verts.
Actions mises en oeuvre
Le projet GEOASSEV s’est achevé en avril 2003. Il a permis :
La caractérisation scientifique et technique du système de géoassainissement-évapotranspiration (traitement des eaux usées par le sol et réutilisation par la végétation)sur la base de l’équipement en place dans le
camping accueillant 6.000 personnes par jour en période estivale ;
L’adaptation, l’installation et le suivi-évaluation du système dans d’autres contextes (petit lotissement, gîtes
ruraux) ;
La qualification du système au regard des réglementations en vigueur ;
L’élaboration d’un guide méthodologique et des actions de communication.
La démonstration a été effectuée dans différentes configurations de nature des effluents, de nature de sols, de présence et de nature des nappes phréatiques, de climat et d’évapotranspiration.
Résultats et perspectives
Les résultats de ce sont importants. Le traitement et la réutilisation des eaux usées des 6000 campeurs ont permis le développement d’une importante végétation d’arbres et d’arbustes qui constituent un environnement ombragé.
Ces arbres contribuent à l’assainissement en abaissant la nappe d’eau douce et en libérant une épaisseur de sol insaturé nécessaire pour la dégradation organique, ils contribuent aussi au piégeage et à l’élimination de la matière organique.
Du point de vue environnemental, il n’y a pas de rejet dans le milieu superficiel et d’impact sur les eaux de surface et de baignade. Il n’y a pas d’effet négatif sur les eaux souterraines.
Il n’y a pas de prélèvement sur la ressource en eau pour l’irrigation des arbres.
La compétitivité environnementale et économique de ce procédé d’assainissement rustique a permis son extension à une centaine de camping du littoral méditerranéen et ouvre des perspectives de développement sur l’autre rive de la Méditerranée.