Ouverture de la nouvelle Maison d'Arrêt de Béziers

La construction de l'actuelle maison d'arrêt de Béziers ( photo ci-dessus )- d'architecture néogothique - date du 17e siècle. A son origine en 1856, l'établissement, religieux, logeait des chantres du palais des évêques de Béziers. Ce n'est qu'en 1869 que le bâtiment qui était un couvent, a été aménagé en prison.
La maison d'arrêt de Béziers, située en centre ville, jouxte la cathédrale Saint-Nazaire.
Cette maison d'arrêt de Béziers, accueillait jusqu'à aujourd'hui les prévenus en attente de jugement et les condamnés dont les peines n'excèdent pas un an. Elle comptait 106 détenus pour une capacité de 48 places.
Le 30 juillet dernier , alors que trois prisonniers s'étaient fait la belle, les syndicats avaient dénoncé sa surpopulation mais aussi le manque de moyens en personnel et en systèmes d'alarme.
Nouvelle Maison d'Arrêt du Gasqinoy

Les détenus entreront ce week-end dans la nouvelle maison d'arrêt.
280 fonctionnaires pénitentiaires y travailleront. Elle contient 810 places.
Béziers sera l'un des plus gros centres pénitentiares de France. 810 places officiellement (360 en maison d'arrêt et 393 en centre de détention) pour 1.000 à 1.300 détenus. 2 miradors de 18 mètres de haut. Un no man's land de 220 mètres sur 230 et de 30 mètres de large entourent l'ensemble de la prison.
L'ouverture de la nouvelle prison de Béziers (Hérault), d'une capacité théorique de 810 places, a été officialisé mardi avec la prise de fonctions de son directeur Patrick Puaud.
Les premiers détenus commenceront à y être transférés en fin de semaine, en provenance notamment de l'actuelle maison d'arrêt de Béziers, un bâtiment datant du 17e siècle situé en plein centre-ville et l'un des plus touchés par la surpopulation carcérale.
Le nouvel établissement est conçu pour accueillir 360 détenus en maison d'arrêt, 393 en centre de détention, 27 en semi-liberté et 30 en accueil. Sa capacité d'accueil pourra être portée à 995 places grâce à "des lits supplémentaires, essentiellement en maison d'arrêt", a expliqué M. Puaud.
Sa construction sur un domaine de 20 hectares, avec une enceinte de cinq hectares dont deux de bâtiments, s'est faite dans le cadre d'un partenariat public-privé avec option d'achat sur une durée de 30 ans, en application de la loi de programmation et d'orientation de 2002. Cette loi prévoit d'ouvrir 13.200 nouvelles places en détention en France.
Une prison ultra-moderne :
Pour Force Ouvrière pénitentiaire, il ne fait aucun doute que le futur centre du Gasquinoy, qui est livré depuis le 22 juillet et qui sera opérationnel en fin d'année, fera l'objet d'une surpopulation carcérale à l'échelle des autres grands centres français.
Des lits superposés ont d'ailleurs, d'ores et déjà, été installés dans les cellules de la maison d'arrêt qui pourrait alors atteindre une capacité de 1.300 places.
La nouvelle prison de Béziers sera opérationnelle en novembre 2009
L'un des 2 miradors de 18 mètres de haut
Une cellule d'isolement
Les gardiens laissent l'ancienne maison d'arrêt à regrets

Une page s'est tournée dimanche soir sur 140 ans de détention dans la maison d'arrêt du quartier Saint-Nazaire de Béziers.
Les surveillants de cet établissement, construit au XVII e siècle et transformé en 1869 en prison, ont donné le dernier tour de clef sur la porte principale de la vétuste maison d'arrêt.
Ils ont rejoint le centre de détention du Gasquinoy qui pourra accueillir jusqu'à 995 détenus. On est bien loin de la centaine de pensionnaires, revenant pour certains très régulièrement entre ces murs.
« Pour nous, c'est une mutation disciplinaire. Nous n'avons pas demandé à aller au Gasquinoy, insiste Christian Joos, délégué syndical FO. Ici, ça ferme, nous n'avons donc pas le choix de faire autrement. Mais nous y allons avec un gros pincement au coeur, presque à reculons. Même si cet établissement était très vétuste, nous y étions bien. C'est fini, nous devons former un groupe avec les autres surveillants. »
Il semble que la taille du Gasquinoy ne soit pas propice aux contacts humains comme ce fut le cas dans les anciens locaux. Il faut dire que depuis des années tous les surveillants avaient eu le temps de s'approprier leur petit territoire.
« Il va nous falloir du temps pour retrouver les mêmes liens avec les détenu,s mais ce ne sera jamais pareil car nous travaillons dans une vraie usine, comparé à ce que nous avons connu. »
En ce qui concerne le transfert du personnel, tous ont eu le choix du poste.
« Nous ne pouvons que nous réjouir du comportement de la direction qui nous a laissé la priorité sur l'ensemble des affectations sur le nouveau site. Mais pour beaucoup, nous ne sommes plus en contact avec les détenus comme par le passé. Nous en avons rencontré. Ils trouvent eux aussi les conditions de détention "idéales", mais aussi ils trouvent l'établissement froid et sans âme. Ce qui nous a marqués, c'est le silence. Nous sentons bien que les détenus aussi sont en train de prendre leur marque pour s'approprier leurs nouvelles cellules. »