L'affiche de la feria 2010 , de Béziers, sous le signe du Minotaure...

Publié le par Yvon Bertrand

Avec André Manoukian, l'affiche de la feria 2010 est placée sous le signe du Minotaure

 

Le créateur de l'affiche 2010 de la Feria André Manoukian, livre son expérience créatrice et son appréhension avant sa première corrida, peut-être le 12 août

ENTRETIEN


« Dix minutes, pas une de plus » , a lancé sur un ton impérial Olivier Berlioux, le directeur de cabinet de Raymond Couderc.


Donc en 600 secondes, dixit monsieur Loyal, André Manoukian a livré son retour d'expérience au sujet du processus créatif qui a guidé la conception de l'affiche de la Feria.

C'était 600 secondes de pur bonheur. Beaucoup plus que les 2 minutes 35 chantées par Sylvie Vartan.


« Au départ, j'ai dis non. Puis, un jour, l'idée du Minotaure est venue. Je serais toujours là quand il s'agira de défendre la mythologie » , explique le juré de La Nouvelle star .


« Je suis passionné par le discours des anthropologues. La tauromachie, c'est un rite antique. C'est le seul rite antique qui soit parvenu jusqu'à nous. Il est resté intact. »

 

Alain Moukin n'est as un afficionado. Il dit Toréador, au lieu de Toréro.

 

Sans doute à cause de Bizet et de sa Carmen. Mais Manoukian, il est dingue de symboles.


« Le combat de l'homme contre l'animal, c'est symbolique. J'aime beaucoup l'image du chasseur. Il se met au niveau de l'animal. Combattre un animal, c'est, au final, triompher de ses peurs. C'est cela le mythe de Thésée et du Minotaure. Cela a bercé mon enfance » , lance André Manoukian.


Bon et cette affiche ? « Je voulais un toréador. Un Minotaure. Un clavier. Des notes. Je voulais faire de cette affiche un voyage initiatique. »

 A propos de voyage initiatique, il y en a un que va faire André Manoukian. Celui qui va le conduire côté sombra des arènes.


« Ce sera ma première corrida. C'est pour moi un mélange de joie et d'appréhension. Je vais me trouver devant un toro qui fume et qui saigne. Pour moi, le toréador c'est la figure suprême du mec qui domine sa peur. Tous les gens ont peur. Peur de ce que véhiculent les médias. Il faut apprendre à gérer sa peur. Je vais venir le 12 août. Je crois qu'il y a un gars du pays qui doit se produire. Un des meilleurs toréadors de ces dernières années. »

André Manoukian voulait parler de Sébastien Castella, de Béziers.


Un torero. Jolie. C'est le sentiment général sur cette affiche de Feria 2010. « Elle est jolie, moderne, et surtout plus festive que celle de l'année dernière. Elle est également très représentative de la Feria » , déclare un groupe de lycéens.

Une affiche avec une âme. Pour certains le discours de Manoukian a apporté quelque chose.

« Je la trouve non seulement réussie, mais elle trouve du sens par l'explication de son auteur, ce qui lui donne une vraie âme » , indique un jeune homme.

Symbolisme. Pour cette jeune fille venue découvrir l'affiche et son auteur, l'oeuvre réalisée « est belle, touchante, avec de bonnes couleurs; on retrouve beaucoup de symbolisme. Le rapport entre corrida et musique est bien mis en avant » .

 Belle image. « L'association de la tauromachie et de la musique donne une belle image de la Feria » , indique un couple.

Du mouvement. « Le piano en forme de moulette donne de la joie. Les notes de musique renforcent le mouvement et l'énergie dégagée par l'affiche dans son ensemble. C'est très réussi et très aérien » , affirme un admirateur.


Attractive. Pour Bruno, l'affiche est « sympa, dans le ton de la Feria, avec un côté un peu people. Elle rentre dans un schéma attractif pour les aficionados, les non-aficionados, les Biterrois et les Non-Biterrois » .

Apparemment c'est une réussite !

 


Qui est André Manoukian ?


Le grand public connaît l'artiste pour ses facéties philosophiques et ses interventions au sein du jury de la Nouvelle Star sur M6.

Mais ce musicien accompli, passionné de jazz, a également produit nombre d'artistes dont Michel Petrucciani ou encore Charles Aznavour.

André Manoukian a aussi composé pour Diane Dufresne ou Nicole Croisille et collabore régulièrement avec des artistes internationaux. Ce 4 juin, il présente sur le Parvis du Théâtre Municipal l'affiche de la Féria 2010 de Béziers qu'il a réalisé à la demande de la Ville. Un défi qu'il évoque sans langue de bois, dans lequel il a mis tout son coeur et tout son talent.

Comment avez-vous réagi lorsque la Ville de Béziers vous a sollicité pour réaliser l'affiche 2010 de la Feria ? De quelle façon avez-vous travaillé ?

Pour moi, c'est une première et j'adore relever les défis. J'ai d'abord été surpris parce que je ne m'attendais pas à être sollicité sur ce type de projet. Je me disais "C'est pas raisonnable", ce genre de choses... Mais en même temps, il y avait dans cette histoire, dans ce défi, quelque chose qui m'attirait énormément, qui me mobilisait.

 J'ai eu une idée, un flash, qui a rapidement fait son chemin : la vision du combat quotidien de l'homme tentant de s'élever au dessus de son animalité, toute la complexité des codes de la tauromachie qui imprègnent l'histoire culturelle du Sud.

Ce qui m'attire finalement, c'est la mythologie, la noblesse du taureau, de l'homme. Après, plus on réfléchit, plus il y a des images qui envahissent l'esprit. Picasso, Hemingway...


Très curieusement, un ami m'avait offert un livre sur la tauromachie quelques temps avant que la Ville de Béziers ne me sollicite. Je ne crois pas trop au hasard, c'était écrit ! J'ai mis tout mon coeur, toute ma tête dans la réalisation de cette affiche.

L'ambiance Feria, c'est quelque chose qui vous touche personnellement ?

Très sincèrement, c'est une atmosphère que je ne connais pas vraiment, même si j'ai été amené à la côtoyer, mais j'ai soif d'apprendre. En fait, on apprend tous les jours !

Dans la période que nous traversons aujourd'hui, je pense qu'il faut savoir rester ouvert, disponible, ouvert à l'autre. Le pire dans la vie, finalement, c'est de porter des oeillères !

La Feria, c'est comme ça du moins que je l'envisage, correspond à d'intenses moments d'échange au cours desquels il faut savoir se laisser porter, se laisser initier.

Musicien, producteur, membre du jury de la Nouvelle Star... Vous ne vous arrêtez jamais ! Quels sont aujourd'hui vos projets ?

D'abord, venir à Béziers le 4 juin ! Ensuite, je vais m'investir tout particulièrement dans l'organisation, fin juillet d'un festival de jazz en haute altitude. Cela se passe à Chamonix. Je suis comblé parce que j'adore la montagne et le jazz, que je considère comme la plus belle des musiques.

La musique, la Feria, la scène, les Arènes, vous trouvez des points communs ?

L'homme face au taureau dans les Arènes, le musicien sur scène...

Tous deux face au public. Il y a des similitudes. Ces artistes travaillent avec le coeur, le corps et la tête. Voilà des virtuoses qui domptent leur peur, qui maîtrisent leurs mouvements. L'objectif du torero comme du musicien, c'est de faire le bon geste au bon moment.

On est dans la liberté, une certaine vérité qui s'impose tout naturellement. N'oublions pas non plus ce petit zeste d'improvisation et la prise de risque ! Parce que, heureusement dans la vie, tout n'est pas prévisible, figé.

Un mot pour les Biterrois qui vous découvrent à travers cette affiche ?

L'homme est fait pour élargir ses horizons pourvu qu'il sache faire preuve d'un peu de curiosité. Je pense qu'il faut garder la passion des choses, des gens, ne pas s'enfermer dans des certitudes.

Une des grandes chances des habitants de Béziers, c'est de vivre sur une terre formidable, faite de soleil et de feu.

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Publié dans Tauromachie

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