Création du parc naturel marin du golfe du Lion

Publié le par Yvon Bertrand

     

 

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a porté jeudi sur les fonts baptismaux le parc naturel marin du Golfe du Lion, une zone de 4.000 km2, 1.200 espèces animales et 500 végétales qui devraient être mieux controlés et valorisés.

Partie du port commercial de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) à bord du bâtiment de soutien "Ailette", la ministre s'est enthousiasmée pour le site situé au large de la côte Vermeille, "très beau, avec les Pyrénées (le massif des Albères NDLR) qui se jettent dans la Méditerranée".

Premier parc naturel en Méditerranée, il s'étend le long de 100 km de côtes entre Leucate (Aude) et cap Cerbère (Pyrénées-Orientales), et abrite des mérous, des hippocampes, des langoustes, des pingouins torda, des coraux....

"Un parc, c'est la garantie d'un contrôle pour que la protection ne reste pas virtuelle", a souligné Mme Kosciusko-Morizet en rappelant qu'il s'agissait du troisième parc naturel marin de France, après ceux d'Iroise (Finistère) et de Mayotte.

La ministre de l’Ecologie a démontré qu’elle avait le pied marin sur le navire “Ailette”.

 

Selon elle, ces zones protégées permettent de "valoriser le territoire".

Elle a confirmé que cinq autres sites étaient appelés à devenir parcs naturels marins: le golfe normand-breton, le bassin d'Arcachon, les Glorieuses (Océan indien), les estuaires picards et l’estuaire de la Gironde et les pertuis charentais.

La création du parc qui longe la côte catalane française a trois objectifs: connaître le milieu marin, le protéger et aider les activités marines professionnelles (pêche, plongée) et de loisirs à se développer durablement, dit le ministère de l'Ecologie.

Une grande partie du parc est déjà couverte par la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls et six sites Natura 2000 en mer, ou encore des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) destinées à protéger espèces et habitats.

Il comprend les eaux territoriales jusqu'à 12 milles (environ 20 km) des côtes, ainsi que la tête de canyons sous-marins (Bourcard, Pruvot...) jusqu'à 35 milles (55 km) vers l'est.

La mise en place du parc a reçu l'assentiment de tous les milieux de la côte liés à la mer, à l'exception des pêcheurs.

Les clubs de plongée et autres activités nautiques de tourisme estiment que le parc permettra de coordonner les activités de tous les acteurs autour d'une même préoccupation: la préservation du milieu.

Les scientifiques y voient pour leur part "une occasion de faire rencontrer tous les acteurs de la mer de façon à avoir une approche intégrée de la gestion de l'environnement", dit Philippe Lebaron, directeur du Laboratoire océanologique Arago de Banyuls-sur-Mer.

Les pêcheurs, eux, craignent de nouvelles restrictions de leur activité. Les douze chalutiers de la région ne trouvent déjà plus les anchois et les sardines qui faisaient la réputation de la zone. Désormais, ils remontent merlus, soles ou baudroies.

Mme Kosciusko-Morizet leur a répondu en affirmant qu'il s'agissait d'un "projet de gestion durable" et qu'il "n'était pas là pour exclure les uns et les autres, mais pour s'assurer que leurs pratiques soient durables".

Elle s'est également adressée aux agriculteurs et aux citadins de la côte en soulignant qu'un parc marin "n'était pas déconnecté de la terre" et des pollutions qui en viennent. "Ce n'est pas la peine de faire un effort en mer si l'on n'en fait pas sur terre", a-t-elle dit.

Le Parc naturel du Golfe du Lion jouxte la réserve naturelle du Cap Creus, en Catalogne espagnole, et un lien entre les deux pourrait se concrétiser dans les années à venir.

 

La création du parc naturel marin du Golfe du Lion, officialisée jeudi 13 octobre par la ministre de l'Ecologie, séduit les milieux du tourisme, scientifiques ou les communes du littoral, mais réveille les craintes des pêcheurs, qui s'estiment "mis devant le fait accompli".

Avec ses 4.000 km2 au large du Roussillon, et sur 100 km de côtes entre Leucate (Aude) et cap Cerbère (Pyrénées-Orientales), avec plus de 1.200 espèces animales (du mérou brun au grand dauphin), il s’agira du troisième parc naturel marin, après ceux d’Iroise (Finistère) et de Mayotte.

Cinq autres sites doivent devenir parc naturel marin :

  1. le Golfe normand-breton,
  2. le Bassin d’Arcachon,
  3. les Glorieuses (Océan indien),
  4. les Estuaires picards et l’Estuaire de la Gironde,
  5. les Pertuis charentais.

L’appui des communes - L

 

a création du parc naturel marin qui longe la côte catalane « repose sur trois objectifs : connaître le milieu marin, le protéger et aider les activités marines professionnelles (pêche, plongée) et de loisirs à se développer durablement », précise le ministère de l’Ecologie.

Pour le maire PS de Collioure (Pyrénées-Orientales) Michel Moly, qui a participé aux discussions, la démarche a reçu l’appui de toutes les communes.

 

Conseiller général, il se félicite en particulier du futur conseil de gestion, qui réunira élus, associations, professionnels de la mer : « Un parlement de la mer, une démocratie directe qui permettra aux locaux de gérer leur espace, un patrimoine qui leur appartient ».

Les clubs de plongée et autres activités nautiques de tourisme sont également satisfaits parce que le parc permettra de « coordonner les activités de tous, autour d’un axe qui est la préservation », selon le directeur du Rédéris Club de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), Gérard Puig.


Les scientifiques se félicitent de la création du parc, « une occasion de faire rencontrer tous les acteurs de la mer de façon à avoir une approche intégrée de la gestion de l’environnement », pour Philippe Lebaron, directeur du Laboratoire océanologique Arago de Banyuls-sur-Mer (CNRS – UPMC). Un périmètre délimité permettra aussi d’y avoir « un suivi sur le long terme pour étudier un certain nombre de processus » comme le réchauffement climatique, selon lui.

 

Crainte de nouvelles réglementations -

 

Une grande partie du parc est déjà couverte par la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls et six sites Natura 2000 en mer, ou encore des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) destinées à protéger espèces et habitats.
Le parc naturel marin, selon ses promoteurs, n’a pas vocation à édicter de nouvelles réglementations par rapport à ces organismes.

Une affirmation à laquelle ne croit pas le vice-président du comité régional des pêches Languedoc-Roussillon, Dominique Blanchard. « Il y aura des contraintes pour la pêche, avec une interdiction ou au moins des restrictions », estime-t-il en affirmant que « les pêcheurs ont été mis devant le fait accompli. Depuis le départ je suis sur le qui-vive », déclare-t-il en ajoutant que de toute façon « il n’y aura pas de protection tant qu’on n’aura pas réglé le problème de la pollution », causée selon lui par l’agriculture et les stations d’épuration du littoral.

Les 12 chalutiers de la région, dont 10 à Port-la-Nouvelle, ne trouvent déjà plus les anchois et les sardines qui faisaient la réputation de la zone. Désormais, ils remontent merlus, soles, baudroies, avec des « chaluts de fond, un mode de pêche très destructeur », reconnaît-il.

Déjà, les gestionnaires du parc regardent au-delà : de l’autre côté, la Catalogne espagnole a déjà sa propre zone de protection, la réserve naturelle du Cap Creus. Un lien entre les deux « est dans l’air », selon Gérard Puig.

 

Le parc naturel marin du Golfe du Lion en chiffres

 

Le parc naturel marin du Golfe du Lion en Méditerranée, s’étendra sur une surface de 4.000 km2 au large du Roussillon, le long de 100 km de côtes, de Leucate (Aude) à la frontière avec l’Espagne.
Second parc naturel marin en métropole, après celui d’Iroise, au large du Finistère, il comprend les eaux territoriales françaises jusqu’à 12 milles (environ 20 km) des côtes et la tête de canyons sous-marins (Bourcard, Pruvot…) jusqu’à 35 milles (55 km) vers l’est.


Il englobe entre autres une réserve naturelle marine qui accueille chaque année près de 30.000 plongeurs, avec des fonds variés où cohabitent environ 1.200 espèces animales (mérous, hippocampes, langoustes, fous de Bassan, pingouins torda, coraux…) et 500 espèces végétales (posidonies…). Plus de 60 espèces menacées ont été identifiées dans cette région.

Selon les spécialistes, la zone couverte par le parc est notamment intéressante par les échanges entre les fonds sableux et rocheux, favorisant le développement de la faune, et pour les canyons, parcourus par des courants très importants.


La zone littorale qui le longe, avec 12 communes accueillant plus de 60.000 habitants, est composée de 35 km de côte rocheuse et 65 km de côte sableuse. Dix ports de plaisance (près de 9.000 anneaux) et un de commerce (Port-Vendres) y sont implantés. Elle accueille plus de 2,5 millions de touristes par an, dont la moitié en été. En une seule journée de 2009, on a décompté jusqu’à 75.000 baigneurs sur les plages de sable et 4.000 sur la côte rocheuse.


Deux organismes scientifiques, l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (CNRS, Université Pierre et Marie Curie – UPMC) et l’université de Perpignan étudient en permanence la faune et la flore du Golfe du Lion.


Sur le continent, en face du parc – départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales -, se trouvent la plaine du Roussillon avec ses étangs côtiers et le massif des Albères, contrefort des Pyrénées, avec des falaises en bord de mer.

 

 

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Publié dans Histoire régionale

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