Les mannequins seniors de la région font un carton...

Publié le par Yvon Bertrand







Ils étaient 2 000 au départ, 40 au pied du podium.

 Parmi eux, six quinquagénaires et sexagénaires de la région sont en piste pour le titre du mannequin senior de l’année, qui sera décerné en juin par le magazine "Notre Temps".

Ils défilent aujourd’hui à Paris dans le cadre du salon des seniors organisé jusqu’à la fin de la semaine Porte de Versailles.



On y parle santé, sport, droits, travail, loisirs et… beauté, un sujet qui tient de plus en plus à cœur des 50-60 ans devenus incontournables : c’est un Français sur trois.

Attentifs à leur silhouette, abonnés à la salle de sport, actifs ou déjà retraités, ils donnent une autre image d’une génération de moins en moins "vieille" qui assume ses rides.

Portraits.
Les mannequins seniors font un carton

Eleanor  « Jamais sans mascara »

 72 ans, Anglaise, s’est installée il y a trente ans dans les P-O

1,73 mètre, 57 kg, un 38-40 standard de taille de vêtements. Eleanor Miller a la taille mannequin. Et elle a « toujours été intéressée par la mode ».

A 72 ans désormais, il est encore temps de se lancer pour cette Anglaise mère de trois grandes filles, plusieurs fois grand-mère, arrivée dans les Pyrénées-Orientales il y a trente ans.

 Elle y est restée, un temps agent immobilier à Thuir, désormais installée à Corneilla del Vercol, où elle défile chaque année pour la boutique d’une amie. Ici, tout le monde l’appelle "Jane".

« J’adore la mode », dit-elle, persuadée de profiter d’une « bonne nature » : « Je suis née comme ça. Je ne fais pas mon âge et je déborde d’énergie. »

Sans faire du sport à outrance : « Je fais du yoga, je promène mon chien, et l’été, je nage tous les jours. »

En revanche, Eleanor soigne sa coupe de cheveux, « ne sort jamais sans mascara ni rouge à lèvres, même quand je fais mon jardin ». Et « ne comprends pas les femmes qui se laissent aller ».

Joseph  "Du show-biz aux podiums"



Le Nîmois Joseph Toukham, 59 ans, escorte les stars et assure leur protection

« J’ai 59 ans, j’en parais 40, il paraît que je suis photogénique. »

Sa voisine l’a remarqué. C’est elle qui a entraîné Joseph Toukham dans l’aventure, en connaissance de cause : « Elle a été Miss senior l’an dernier. »

Le Nîmois s’y verrait bien, son profil atypique est moins un enfermement qu’une ouverture : « A la base, je suis électricien, et j’interviens sur des missions d’intérim. Ma vraie spécialité, c’est la téléphonie. Mais j’aime vraiment le milieu du show-biz », commente le quasi-sexagénaire qui travaille régulièrement dans « la protection rapprochée ».

 « J’accompagne les VIP dans des lieux festifs, au festival de Cannes, dans des concerts… » Il a ainsi veillé sur Ophélie Winter, Jamel Debouze, Ramzy… mais depuis toujours, « les photos de mode me tiennent à cœur ».

Ernest  « Un beau vieux »

Ernest Reynier, 60 ans, habite Vendargues. Son épouse défilait pour Balmain

« J’ai un look… hors du commun » : 1,80 mètre, 77 kg, Ernest Reynier, 60 ans bientôt, est un « beau vieux ». « Sans prétention », ce sont les autres qui le disent.

« Quand je marche dans la rue, on me regarde », constate cet ancien chef d’entreprise originaire de Brive, spécialisé dans l’achat et la vente de machines, qui a voyagé dans le monde entier.

« Vers 35-40 ans, quand j’étais dans les affaires, j’étais monté à 85 kg », se souvient le retraité installé avec son épouse dans la périphérie de Montpellier, à Vendargues.

Elle, ancien mannequin, a défilé pour les plus grands entre 1973 et 1986, Yves Saint-Laurent à ses débuts, Dior, Balmain

Ernest Reynier, qui lui, « aurait sans doute pu faire mannequin », ça ne lui « a jamais traversé l’esprit ».

Revenu aux mensurations de ses 20 ans, assidu à sa salle de sport qu’il fréquente deux à trois fois par semaine, il entrouvre la porte de ce nouvel univers avec curiosité :

 « Je n’ai jamais été maquillé, je ne suis pas du genre à me chouchouter… Chez moi, tout est naturel. Je suis jean, tee-shirt, décontracté. Mais j’accorde beaucoup d’attention à l’apparence. J’essaie de rester jeune. » l


Cathy  « Je ne m’interdis rien »

La Nîmoise Cathy Coste se sent très épanouie avant de fêter ses 50 ans

« J’ai toujours fait beaucoup de sport, de la danse, du footing, de la marche… » : Cathy Coste, bientôt 50 ans, 1,73 mètre, un petit 36, secrétaire dans le secteur du service à la personne à Nîmes, a aussi longtemps travaillé dans la coiffure et la parfumerie, et garde un œil curieux sur les défilés de mannequins.

De là à le devenir… « C’est une bonne idée de développer le mannequinat des seniors, en tout cas, c’est très commercial. Une femme sera plus tentée par un vêtement vu sur une femme de son âge… », observe la jeune quinqua, qui soigne depuis toujours son apparence.

« Je ne me sens pas du tout en décalage avec les jeunes. Sur le plan vestimentaire, je ne m’interdis rien. D’ailleurs, ma fille de 18 ans tape dans ma garde-robe », confie-t-elle.

Cathy Coste n’a « jamais appréhendé de vieillir » : « Ça se passe dans la tête. Il faut vivre avec ses rides, c’est une question de confiance en soi. »




Ghislaine  "Prête à explorer l’horizon"

Ghislaine Gleyzes, Montpelliéraine de 65 ans, était secrétaire à la CPAM

« J’ai 65 ans, je ne le sens pas » : grande, mince, Ghislaine Gleyzes a le profil d’un mannequin senior.

« J’aime bien le milieu de la mode, je suis sportive, je fais attention à moi, j’ai une hygiène de vie. Je ne fume pas, je ne bois pas, je pars régulièrement en randonnée et je vais à la salle de sport quatre fois par semaine », explique cette Montpelliéraine.

Divorcée, mère de trois enfants, elle a fait toute sa carrière à la Caisse primaire d’assurance maladie de Montpellier, elle occupait un poste de secrétaire.

Éliminée très vite du concours il y a deux ans, elle espère avoir « un peu plus de chance » cette fois. « Si j’étais choisie, ça m’ouvrirait de nouveaux horizons. »

Presque un rêve de petite fille : « En fait, ça ne fait pas si longtemps, jamais je n’aurais imaginé que je ferais ce type de manifestation. »


Clothilde  « J’ai eu plusieurs vies »

Elle répond entre deux cours de yoga : Clothilde Richard, 70 ans, installée à Villemoustaussou, dans l’Aude, est un professeur très occupé.

Encore une « autre vie » après avoir été secrétaire de direction d’une grande entreprise à Toulouse, puis d’avoir pris du temps pour élever ses deux enfants.

Aujourd’hui grand-mère de quatre petits garçons, occupée à cultiver son grand jardin, adepte du cardio-fitness (deux fois par semaine), cinéphile et grosse lectrice, elle met sa forme sur le compte d’une « bonne hygiène de vie ».

« Je n’ai jamais eu à perdre des kilos ». « Coquette », « toujours attentive » à son apparence, elle « soigne » son image : « On me dit souvent que je fais moins que mon âge. Ça me rassure, mais je sais bien l’âge que j’ai… »
Le concours ? Ça l’« amuse ».




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Publié dans Séniors

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