Décédée, l’octogénaire se fait manger par ses chiens...

Publié le par Yvon Bertrand




 Décédée, l’octogénaire se fait manger par ses chiens


Dans quelle société vivons nous ?

Macabre découverte à Saint-Chinian quatre jours après le décès de la malheureuse qui vivait seule. C’est un drame de la misère sociale qui s’est noué cette semaine à Saint-Chinian, un petit village de 1 800 âmes situé à l’ouest de l'Hérault.

Inquiète de ne plus l’avoir vu sortir de chez elle depuis au moins quatre jours, une voisine de Mme Gross, âgée de 83 ans, a alerté des membres de sa famille habitant sur le village.

Une famille nombreuse, composée de douze enfants, qui s’est aussitôt mise en relation avec les gendarmes de la communauté de brigades de Murviel-lès-Béziers- Saint- Chinian.

Accompagnées des sapeurs-pompiers, les forces de l’ordre ont défoncé la porte d’entrée fermée à clef. C’est lors de l’inspection de la demeure que le cadavre de la victime a été découvert dans sa chambre au pied de son lit à moitié dévoré par ses chiens, qui n’étaient plus alimentés depuis quatre jours.

Ce drame a choqué plus d’un villageois. «Ce qui est le plus scandalisant dans cette histoire, c’est qu’elle est morte dans l’indifférence générale, explique un Saint-Chinianais. Vous vous rendez compte, qu’à part sa voisine, personne ne s’était posé la question de savoir pourquoi ses volets étaient restés fermés depuis quatre jours. Ni ses enfants, ni ses voisins. C’est incroyable

Pourtant, si l’on y regarde de plus près, il semblerait que cette dame ait toujours vécu recluse. «Vous voulez que je vous dise la vérité, elle n’a jamais été acceptée au village car c’était une gitane. Pourtant, elle y a vécu toute sa vie. Mais elle avait un mode de vie différent. Elle a élevé douze enfants avec son mari dans une éducation de l’ancienne époque», confie une Saint-Chinianaise, outrée par une telle fin de vie.

«Elle a toujours habité dans une cabane en bois au bord du Vernazobre, route du Sorteilho. Puis, un jour, la cabane a pris feu et elle a été relogée en plein cœur du village, derrière le café du Balcon qui donne sur la place. Elle vivait dans une petite maison, rue de la Fontaine, avec quatre ou cinq chiens qui étaient ses seuls véritables amis. Ironie du sort, lorsqu’elle est morte dans l’indifférence générale, ce sont ses chiens qui ont mangé en partie son cadavre. C’est pitoyable.»

Selon les premières investigations des gendarmes, aucune effraction n’a été constatée dans cette habitation.

La famille de la victime a souhaité réagir et apporter quelques précisions.


« C’est un drame qui est arrivé et nous en sommes très peinés ! Mais on ne peut pas laisser dire qu’elle est morte dans l’indifférence générale" tient à préciser l’un de ses gendres, en tant que porte-parole « des enfants qui s’en occupaient ». 

 

 En l’espèce, selon lui, « trois ou quatre sur les douze, dont Louise, qui allait lui rendre visite de façon quasi-quotidienne. Ma belle-mère avait d’ailleurs mangé chez Louise lundi soir avant d’être retrouvée morte le mercredi. »

A de multiples reprises, sa famille ainsi que la mairie de Saint-Chinian l’avaient poussée à entrer en maison de retraite.

 

« Elle a toujours refusé, comme les plateaux repas portés à domicile. Malgré l’état sanitaire catastrophique de son habitation, elle ne voulait pas se séparer de ses six chiens. Elle les adorait, comme ses enfants. »

Des chiens qui, en l’absence de nourriture, ont retrouvé leur instinct animal après le décès de la vieille dame.

 C’est en tout cas, ce qu’a confirmé l’autopsie, pratiquée lundi.

 

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Publié dans Histoire locale

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