Andorre : le paradis perdu...
La crise économique en France et en Espagne affecte la Principauté. Le tourisme qui représente 80% du revenu national est en constante diminution.
"Le pays a grossi ses dernières années tandis que le nombre de visiteurs diminuait".
Voilà, selon Marc Pantébré, président de la CCI d'Andorre, la principale cause de l'essoufflement du modèle économique de la principauté.
Le pays fait effectivement face à de graves difficultés. Le commerce, le tourisme et la finance n'affichent plus les très bons résultats du début des années 2000, "des années bonheur" pour le président de la CCI.
La faute à la crise donc, et non pas à la suppression du pays de la liste grise des paradis fiscaux, en février dernier.
"Il est encore trop tôt pour en mesurer les effets" selon un observateur local. Trop tôt peut-être mais aussi trop secret. L'Andorre s'est, certes, engagée à échanger les informations bancaires avec les autres pays, mais seulement à la demande de ces pays, c'est-à-dire en cas d'enquête. Un engagement qui constitue tout de même, selon Marc Pantébré, "un premier pas qui devrait permettre d'accueillir de nouveaux investisseurs étrangers".
Le président de l'association des agents immobiliers espère, quant à lui, que cette convention européenne permettra de développer les exportations.
Une lueur d'espoir donc tandis que la situation économique continue de se dégrader. "Depuis trois ans, nous subissons de plein fouet les effets de la crise, notre clientèle est à 70 % espagnole et à 30 % française. Les deux pays rencontrent des difficultés qui se répercutent chez nous".
Si en hiver, les activités "montagne" permettent encore aux commerçants de s'en sortir, en été, "ils travaillent beaucoup moins".
Les touristes apprécient à présent plus l'Andorre pour ses paysages et les activités sportives qu'elle propose que pour ses magasins à bas prix.
L'explosion des ventes à prix cassés sur internet a concurrencé les commerces andorrans. "Le secteur de l'électronique est le plus touché, mais la parfumerie, l'habillement et la parapharmacie souffrent aussi".
Et la dernière décision du gouvernement n'a pas arrangé leur situation. Les commerces sont désormais tenus de fermer plusieurs dimanches par an. "Désastreux pour notre image", regrette le patron de la CCI...
Décidément, la vie n'est pas si rose, même dans un futur ex-paradis fiscal.