Sébastien Castella : fil conducteur de la Féria 2010

Publié le par Yvon Bertrand

Parcours exceptionnel que celui de Sébastien Castella.

Parti de rien, le gamin de Portiragnes a dû surmonter maintes souffrances et payer de son sang pour devenir n° 1 mondial.

Pour ses dix ans d'alternative, Midi Libre a souhaité rendre hommage au meilleur ambassadeur de Béziers adulé en Amérique latine et jalousé par l'Espagne taurine.

En cinq volets ? un par jour jusqu'à dimanche -, Sébastien et son entourage vont vous faire découvrir le chemin parcouru par le torero depuis sa première à Boujan jusqu'à son sacre définitif à l'automne 2009.

L'occasion aussi de découvrir ceux qui sont à ses côtés. Personnage secret et introverti, on entrouvrira le jardin secret de l'homme. Ses goûts, ses passions, son caractère ...

J ENTRETIEN A la veille de fêter ses dix ans de doctorat, rencontre avec la star biterroise 

Comme Manolete, je rêve d'une saison en Amérique et toréer trois corridas en Europe Madrid, Séville, Béziers

La malchance vous poursuit depuis Pamplona ?


C'est incroyable, depuis ce triomphe, plus aucun toro ne m'a servi. C'est la loi des séries. Vous savez, le toro, il est très jaloux, il fait des caprices et c'est ainsi. Depuis quelques jours, j'ai repris plaisir à toréer à La Corogne et Vitoria où j'ai perdu les oreilles à l'épée. Je suis optimiste. D'ici la fin de la saison, je vais sortir quelques grandes faenas.

Vous êtes au cartel de la corrida goyesque de Ronda... 


C'est un rêve qui s'accomplit. J'ai fait mes débuts à Ronda sans picador. Je me souviens du geste du maestro Ordoñez qui m'avait offert des toros pour m'entraîner. Prendre l'alternative et devenir figura n'était pas un rêve. Juste une continuité dans ma carrière. Mais toréer cette corrida qui est une des plus importantes de l'année... Seuls les plus grands l'ont fait.

Pour ces 10 ans, Béziers vous réserve un accueil de star... 


C'est magique. Quand j'ai débuté pour devenir torero avec Claude Naquer et Philippe Gourou qui m'entraînaient, je voulais être figura mais je n'imaginais pas ce grand hommage que Béziers m'accorde. J'aurai beaucoup de monde à remercier comme monsieur le maire et Robert Margé. Moi, je répondrai à toutes ces marques d'affection dans l'arène en donnant le maximum. En espérant donner du plaisir et du bonheur à mes amis et tout mon public.

Vous n'avez pas encore réalisé une très grande faena ici ?


Le grand toro arrivera un jour à Béziers. Nul n'est prophète en son pays. C'est difficile de triompher à la maison. J'ai coupé des queues, je suis sorti en triomphe, mais pour différentes raisons, je n'ai pas encore triomphé comme je le veux. Mais ça arrivera.

Comme Manolete, vous rêveriez de toréer seulement une corrida en Espagne ?


C'est un autre rêve. J'ai l'ambition de faire un jour toute la temporada en Amérique du Sud et au Mexique. Et toréer uniquement la corrida de la Bienfaisance à Madrid. Celle qu'a toréée Manolete, le monstre de Cordoba. Et une autre en France. Ou plutôt deux. Car j'ai toujours ce dilemme entre ma ville, Béziers, et Nîmes. Ce serait une sorte de consécration.

Vous voyez-vous encore torero dans dix ans ?


Il y a cinq ans, j'affirmais que ma carrière serait courte. Mon toreo était très risqué, réclamait beaucoup d'efforts. Depuis, ma technique m'a donné de la sécurité en m'arrimant autant. En transmettant la même émotion. J'ai gagné en expérience. Comme je guide le toro plus loin, je fais moins d'efforts pour me replacer. Avant, c'était plus fatigant, j'étais épuisé après chaque course. Du coup, je vois ma carrière durer.

Et pourquoi continuer ?


Ce qui me rend le plus heureux, c'est toréer. Je suis en recherche permanente sur mon toreo, c'est passionnant. Si tu as l'ambition d'aller plus haut, de ne pas croire que tu es déjà arrivé, tu trouves toujours un détail qui te fait évoluer. Après cinq, dix ou vingt ans ? Je ne sais pas, c'est le toro qui choisit.


Castella honoré hier soir par la Ville

Castella honoré hier soir par la Ville 

Hier soir aux alentours de 22 h 15, Sébastien Castella a fait son apparition à la bodega municipale Riquet, la mairie lui ayant réservé un hommage multifacettes.


L'aficionado Alain Marleix, le secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités territoriales, qui avait assisté à la corrida aux côtés de Raymond Couderc, a chaleureusement félicité le torero.

Le maire, de son côté, avait plusieurs cadeaux dans sa besace, mais un petit discours attendait Sébastien Castella avant ça.

 « Dans une famille, quand on a un enfant qui réussit de façon exceptionnelle, on est fier de sa réussite, on l'entoure et on essaie de lui rendre hommage », a expliqué au micro Raymond Couderc... Avant de remettre au torero biterrois la médaille de la ville ainsi qu'un livre d'or rassemblant des témoignages de Biterrois et autres aficionados.


Autre cadeau, regroupant cette fois des images : celles de treize photographes ayant offert leurs clichés au profit du catalogue de l'exposition consacrée à Sébastien Castella, tout ceci au profit de l'association Enfants bonheur qui vient en soutien aux sinistrés d'Haïti. Le recueil, édité dans le cadre d'un partenariat entre la Ville de Béziers et Midi libre, est disponible au service communication municipal, hôtel Du Lac, au prix de 20 € (avec des chèques établis à l'ordre de l'association Enfants bonheur).


« Nous admirons le torero, et l'homme aussi, insista Raymond Couderc. Peut-être plus l'homme que le torero. » Référence à la corrida que Castella avait offerte à Nîmes pour l'Ascension, en faveur d'Haïti.
Sébastien Castella prit hier la parole en lisant quelques mots écrits l'après-midi même juste avant la corrida, dans sa chambre d'hôtel. 

« Aujourd'hui plus qu'il y a dix ans, jour de mon alternative, je suis très heureux et très ému », expliqua-t-il, avec en mémoire « les hommes que j'ai connu, qui m'ont fait mûrir et grandir, qui m'ont appris à être meilleur homme ». Il est revenu sur son toro d'alternative, qu'il n'avait pas brindé.

 « On m'avait demandé pourquoi à l'époque. Dans ma tête, je ne l'avais pas dédié parce que je le brindais pour les années suivantes. »

  Les années ont passé. Le succès est allé grandissant. Hier soir, symboliquement, Sébastien Castella a dédié sa corrida « à vous présents, aux personnes qui nous ont quittés ».

Avant de nouveau, ce vendredi, de se jouer la vie face à de nouveaux toros, en espérant reproduire sa prestation de ce jeudi. « Même avec le vent, qui m'a gêné, c'est la plus belle faena que j'aie pu réaliser à Béziers. »


 

La fédération des clubs taurins représentée par Maurice Daussant et l'empresa des arènes, Robert Margé, ont également offert un hier à Sébastien Castella un capote de paseo.

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Publié dans Tauromachie

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