Daniel Guichard toujours là ...

Publié le par Yvon Bertrand

Daniel Guichard toujours là

 

 
Daniel Guichard, à la marge depuis quelques années, retrouve le chemin des grandes scènes. Après l’Olympia en février, il sera deux fois au Palais des sports de Paris, samedi.

A Sauvian (  4 Kms du Clos Aimé Bertrand )où il habite, il est connu comme le loup blanc.
 Fort en gueule et en générosité. Une générosité de géniteur d’abord puisqu’il est père de sept enfants et qu’il aime ça.
« La plus grande a 41 ans, une autre est Américaine et vit aux Etats-Unis. Mais j’en ai encore trois à la maison. En fait, ça fait quarante ans que j’habite chez mes enfants ! » Des enfants qui ne l’appellent pas "mon vieux", mais bien « papa comme tout le monde », précise-t-il.

Sur la scène du Palais des sports, et en mars prochain pour une tournée française, le bonhomme ne

sera pas seul non plus.

 « Quand on va au Palais des sports, il faut du volume, il faut que ça sonne. Avec mes dix musiciens, dont une cornemuse, ça roule plutôt bien… »

 

Côté répertoire, pas question non plus de jouer petits bras :

« On a prévu trente-deux chansons. Avec un certain nombre de coups de chapeau à Piaf, Ferré, Brel, Ferrat… Avec eux, je n’ai pas de scrupules. Ce sont eux qui ont créé ces chansons mais ce serait idiot de les laisser mourir dans le tiroir. "Amsterdam", c’est fait pour la scène et c’est monstrueux. Ces chansons, je les chante évidemment à ma sauce, mais je me sens très proche de ce qu’ils ont fait. Ce sont eux qui m’ont donné envie d’être chanteur… »

Jean Ferrat, évidemment, on y pense tous quand la voix de Daniel Guichard se fait entendre.

« Sa mort bien sûr m’a secoué un peu. C’est un personnage très important dans ma vie. Mais il est difficile de dire plus que ce que disent tous ceux qui l’ont aimé. »

Après une prestation l’hiver dernier à l’Olympia, salle qu’il avait pour la première fois fait sonner en 1972, le chanteur emblématique des années 70 (La Tendresse, Mon Vieux, Le Gitan…) rompt un silence de près de quatre ans.

Un temps consacré à l’enregistrement.

Comme toujours, il est du genre indépendant et fait à peu près tout tout seul.

 « Je m’autoproduit depuis trente-six ans et, après avoir tenté de revenir à une distribution par les Majors, j’ai décidé aussi d’assurer ma propre distribution.

 La chanson pour moi, ce n’est pas un seul métier. Celui de proposer les chansons sur scène en est un, particulier, et on peut n’être que ce chanteur-là. Moi, la dizaine d’activités qui existent autour de cet acte-là, elles m’intéressent aussi. Mais les temps ont changé et trouver les financements est difficile.

Disons compliqué. Les banquiers disposent de paramètres pour se risquer sur le cinéma, le théâtre, mais pas vraiment pour la production et la distribution d’un disque. Et je dois donc faire le banquier pendant au moins six mois… »

Sous le coude, un "live" et un quatre titres tout nouveau tout beau, co-écrit et réalisé avec Jacques Chiniard.

 « Lui, c’est comme mon petit frère et on fait tout ensemble. Je n’avais pas mis les pieds dans un studio depuis 1991… »

Court mais fort, le disque est dans la ligne, le style d’un Daniel Guichard qui n’a rien perdu de sa voix ni de son caractère. Il est curieusement dédié à Mohammed Mechti.

 « C’est un tirailleur marocain, mort aujourd’hui, que j’ai découvert dans un documentaire. Qui s’était battu pour qu’on n’embête pas la France mais qui ne pouvait pas rentrer chez lui s’il voulait toucher sa retraite. Quelqu’un que je n’ai pas connu mais que j’aime, un peu mon soldat inconnu personnel, et qui me donne parfois envie de secouer la tronche des politiques… » *

Non, non, on nous l’a pas changé Daniel Guichard.



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