Match de Rugby " France - Ecosse " du 14 Février 2009

Publié le par Yvon Bertrand



Résumé


Match France-Ecosse

Analyse

Service minimum


Le XV de France a renoué avec la victoire en s'imposant samedi au Stade de France face à l'Ecosse (22-13). Mais les hommes de Marc Lièvremont, crispés et crispants, sont restés presque jusqu'au bout sous la menace. Les Bleus ont vaincu, mais loin d'avoir d'avoir convaincu.

L'équipe de France devait faire taire les critiques. Elle n'y est pas parvenue. Malgré la victoire face à l'Ecosse (22-13), arraché au bout de l'ennui et sur un essai litigieux, les inquiétudes nées du déplacement à Dublin persistent. Les avants tricolores n'ont toujours par réglé leurs problèmes dans les zones d'affrontements et ils ont été loin d'être impériaux dans les airs. L'agressivité espérée pendant la semaine de préparation à Marcoussis n'est pas arrivée à Saint-Denis.

Les Ecossais, jamais contrariés dans les rucks, ont donc plus tranquillement mettre leur rugby en place. Des sorties de ballons propres et la vitesse de leurs lignes arrières ont permis aux visiteurs d'imposer leur rythme à la rencontre. Un tempo pour le moins soporifique. La pause était atteinte sur le petit score de 6 à 3 en faveur des Bleus, plus réalistes qu'entreprenants. Lionel Beauxis ayant réussi deux pénalités sur leurs timides incursions dans le camp adverse.

Coup de pouce

Le match piège n'avait alors jamais si bien porté son nom. Avec les doutes de Dublin dans les têtes bleus, l'Ecosse pouvait croire à une victoire à Paris, dix ans après leur dernier succès au Stade de France. Heureusement pour les hommes de Marc Lièvremont, l'arbitre irlandais George Clancy oubliait un en-avant entre Maxime Médard et Fulgence Ouedraogo pour un essai français six minutes après le retour des vestiaires. Un bol d'air inespéré.

Un coup de pouce qui ne libérait pas pour autant des attaquants français tétanisés par l'enjeu et peut-être par le froid. Il fallait attendre la 79e minute pour voir la première relance des Bleus mais Fulgence Ouedraogo, déjà auteur de l'unique essai des Tricolores, était finalement stoppé à dix mètres de la ligne, après une belle charge de Lionel Nallet. Le capitaine qui avait été une des rares satisfactions, avec Dusautoir et Harinordoquy, de ce triste après-midi de rugby. Agressif en défense, il s'était souvent sacrifié pendant le deuxième acte pour colmater les brèches.

Insuffisant pour éviter un inquiétant retour des Ecossais qui inscrivaient un très bel essai par l'intermédiaire de Thom Evans entre les poteaux. Une dernière pénalité de Lionel Beauxis actait la courte victoire française mais n'empêchait pas les sifflets des spectateurs du Stade de France au terme de la rencontre. Des supporters peu rassurés par la prestation de leurs protégés quinze jours avant de recevoir le pays de Galles.


L'Avis de Alain Penaud

IL N'Y A PAS D'ÉVOLUTION

Comme beaucoup de spectateurs, Alain Penaud est sorti frustré et perlplexe du stade de France après la victoire contre l'Ecosse. Après ce match brouillon, il se demande si le contenu du jeu est bien défini.
 

L'impression à chaud

Ce match me laisse perplexe. Je suis partagé entre l'optimisme de la victoire, l'optimisme de l'esprit du jeu, même si on l'a moins vu aujourd'hui, et la cruelle désillusion quant à la capacité de cette équipe à construire son jeu et à le mettre en place. On va tomber contre des équipes qui savent comment joue le XV de France, avec une grosse défense, et comme pour l'instant on n'arrive pas à construire, c'est difficile. Je me demande où en est le contenu. Il y a eu une phase pour trouver les joueurs et définir un schéma de jeu, mais pour aller plus loin il faut mettre le contenu. Pour bâtir ce jeu, il faut de la régularité dans la perfromance, et ça on ne l'a pas aujourd'hui. Le jeu n'est pas construit, parce qu'on arrive pas imposer notre rythme sur nos propres ballons. L'Ecosse a sans doute moins de qualités individuelles, mais son jeu ressemble à quelque chose, il y a une structure. Aujourd'hui il n'y a pas d'évolution dans le jeu. Il y a même une régression.

Les joueurs en question

Dès qu'on n'arrive pas à mettre en place un schéma, c'est toujours une question de choix de joueurs. Moi je suis désolé mais on a un réservoir pléthorique et très talentueux. Dans le triangle d'attaque, les talents sont incroyables, avec les Poitrenaud, Médard, Baby, Jauzion, mais aussi Clerc, Rougerie, ou des jeunes comme Palisson ou Mermoz. Il y a tout ce qu'il faut pour jouer un rugby qui gagne. La charnière est aujourd'hui plus complexe. Le problème d'une charnière, c'est qu'il lui faut une direction. C'est un peu comme un mécano qui n'a pas sa boîte à outils. Il a beau avoir les compétences,s ans les outils, il ne peut rien faire. On a mis cette charnière sous le feu des projecteurs,mais il me semble qu'elle n'a pas toutes les clés pour mettre en place le jeu. C'set encore un problème de contenu. J'aimerais bien voir Beauxis peser un peu plus sur la ligne d'avantage, pour pouvoir faire mieux jouer Jauzion, qui n'est pas celui qu'on connaît à Toulouse. Avec la qualité des joueurs que l'on a, on doit réussir.

L'équilibre à trouver

A leur décharge, il y a eu beaucoup de rotation au début de l'ère Lièvremont. Maintenant on est dans une phase de construction de jeu, et ça demande du temps, il faut trouver des références communes à cette équipe, pour avoir une vitesse d'exécution plus efficace et avoir de l'avance sur l'adversaire. Pour l'instant on n'y arrive pas, mais c'est trop court pour juger. En club, ce sont des choses qui mettent trois à six mois, avec des entraînements quotidiens. Même avec les meilleurs joueurs français, il faut que les gars connaissent le texte.

J'espère que Marc Lièvremont poursuivra dans son idée de jeu, et le bilan on le fera à la fin des tests d'automne. Là on saura s'il y un contenu, où si c'est juste une coquille vide, avec seulement une idéologie.


Interview du Sélectionneur

Lièvremont: "On a été fébriles"


Marc Lièvremont
juge sans concession la performance de ses joueurs face à l'Ecosse (22-13), samedi au Stade de France. L'entraineur du XV de France ne retire rien ou presque de positif, si ce n'est la maigre victoire. Pour lui, il faudra attendre pour voir une équipe de France "digne de ce nom".

Quel est votre sentiment après cette rencontre?

Marc Lièvremont: Il y a la victoire et c'est la première satisfaction. La deuxième est qu'on a vu une équipe de France qui n'a rien lâché, qui s'est accrochée dans un match stressé, qui a fait preuve de combativité. Pour le reste, que d'approximations! Il y a eu énormément de déchets. Il faudra attendre un peu pour voir une prestation de l'équipe de France digne de ce nom.

Comment l'expliquez-vous?

M.L: La première explication, c'est qu'il avait une équipe d'Ecosse en face telle qu'on l'attendait, revancharde par rapport à sa défaite de dimanche dernier, extrêmement agressive, qui a entrepris et qui a bien démarré son match contrairement à nous qui avons été fébriles. J'espérais passer une bonne soirée et fêter la Saint-Valentin avec mon épouse mais je pense que je vais encore me coller une séance vidéo en rentrant pour trouver d'autres explications.

Cette victoire doit quand même avoir un goût amer...

M.L: Oui, je suis déçu. Par rapport à ces approximations mais aussi parce qu'on n'a pas réussi à faire sauter le verrou défensif écossais. Il y a eu beaucoup de ballons récupérés mais tellement mal exploités avec une multitude de fautes de goût, de main, au pied... Les joueurs ont entrepris, ils ont été courageux, ils ont eu le mérite de rester maîtres de leurs nerfs en étant très peu pénalisés. C'est une satisfaction quelque part mais bon... On a eu des sorties de balles extrêmement lentes. Avec un poil de réussite et un peu plus d'adresse, on aurait pu débrider ce match mais ça n'a pas été le cas.

Vous n'avez pas non plus beaucoup franchi le rideau écossais...

M.L: On n'a pas trouvé de solution face à leur premier rideau bien en place. Et les ballons ne sont pas arrivés non plus. Dans ce genre de match crispé, ça peut se débloquer sur un contre mais on les a mal exploités. Les Ecossais, eux, ont réussi à nous franchir à plusieurs reprises grâce aux qualités qu'on leur connait comme l'évitement, même si notre défense a malgré tout tenu le coup, à l'exception de l'essai.

On a l'impression que les secteurs qui fonctionnaient la semaine dernière n'ont pas été au mieux ce samedi, et vice-versa. Est-ce décourageant?

M.L: Evidemment que l'on rêve toujours d'un match accompli... On va se remettre à bosser, digérer, voir ce qui n'a pas fonctionné, essayé d'avancer... C'est vrai qu'il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Là, il y a six ou sept ballons perdus au contact en première période, du déchet en touche, quelques bras cassés en mêlée, des ballons de contre mal exploités. Et dans la construction, on a été maladroit et trop fébrile. Il n'y a pas eu de mouvements d'envergure.

On a l'impression que la défaite à Dublin et les critiques n'ont pas été complètement évacuées...

M.L: Cette équipe avait besoin de se rassurer, de mettre la main sur le ballon, d'aller chez l'adversaire et ça n'a pas été le cas pendant les vingt premières minutes. Il y a certainement une part de stress là-dedans. En fait, on n'est jamais vraiment rentré dans le match.

 


Régles Rugby à XV

Résultats et Calendrier Tournoi 2009

Connaître l'Ecosse

Fédération Française de Rugby ( FFR )

Fédération Ecossaise de Rugby  ( SRU )

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article