USA : Pas de surtaxe douanière sur le roquefort ...

Publié le par Yvon Bertrand

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Interview sonore de Michel Richard 

 Michel Richard, le responsable du célèbre restaurant français Citronelle installé dans le quartier de Georgetown à Washington jubile : “Michelle m’a embrassé ! Elle a dit ‘Michel, je suis Michelle !’. Elle est charmante.”
 Le couple Obama est en effet allé manger samedi soir dans le célébre établissement rapporte notre confrère l'Hôtellerie-Restauration.

Au menu : pour Michelle, un crabe du Maryland à carapace très fine (“c'est de saison”) en entrée, suivi d'un burger de homard ($32/26 €). “Normalement, on ne sert pas le burger dans la partie restaurant, seulement dans le lounge. Mais on a fait une exception”, sourit Michel Richard.

Le président a choisi la spécialité du chef, un napoléon ‘à la niçoise’ avec du thon et des crêpes de pommes de terre très croustillantes, puis un steak avec des frites au beurre clarifié.

 En dessert, ils ont partagé un millefeuille de crème brûlée, avec une crème glacée au caramel.

C'est Monsieur en personne qui a réglé l'adition d'un montant avoisinant les 200 dollars avec sa visa personnelle, et, cerise sur le gàteau, il a laissé un pourboire de 40 dollars.

Depuis, Michel Richard est sollicité par les grandes chaînes américaines : CNN, ABC… Censé remettre le prix du meilleur nouveau restaurant lors des James Beard Awards (un prix qu'il a remporté l'an dernier  ), qui se tenait lundi 4 mai à New York, il a dû annuler. Sur le site de réservation Open Table, il n’y a aucune disponibilité à Citronelle un vendredi ou samedi soir avant le 2 juin.

Ouvert en 1994 et rénové en 1998, Citronelle réalise 150 couverts par jour en moyenne et le ticket moyen avoisine $200 (149 €.)


Michel Richard Citronelle
3000 M Street
DC 20007 NW Washington

Parallèlement, les Etats-Unis ont indiqué qu'ils renonçaient à de nouvelles sanctions qu'ils envisageaient depuis janvier, en représailles à la poursuite de l'interdiction de commercialisation de leur boeuf aux hormones sur le territoire européen. Leur application était prévue le 9 mai.



La plus spectaculaire de ces mesures était le triplement des taxes douanières contre le roquefort français, déjà visé depuis 1999 par des droits de douane élevés, de 100%.


Les Etats-Unis prévoyaient de faire passer cette taxe à 300%, ce qui a déclenché une vague de protestation en France, car cela aurait entraîné des prix astronomiques pour le fromage français dans l'assiette du consommateur américain.

D'autres produits agroalimentaire étaient également visés : des eaux minérales italiennes, des viandes, des fruits et légumes, des champignons, des céréales, des chewing-gums, du chocolat, des châtaignes, des jus de fruits et des graisses.

En échange de l'abandon de ces sanctions, les Etats-Unis obtiendront d'importants quotas supplémentaires pour exporter vers l'UE leur viande de boeuf de qualité, produite à partir d'animaux non traités avec des hormones de croissance.

La filière reste pessimiste

L'accord conclu entre la Commission européenne et les Etats-Unis concernant la viande de boeuf américain et des produits alimentaires européens, dont le roquefort, a été diversement commenté en Aveyron.

Si les maires PS de Millau et Saint-Affrique se félicitent de voir « lever la menace d'une surtaxation à 300 % » et parlent d'un « succès pour les acteurs politiques », la filière est plus réservée.

Jean Laur, l'une des figures de l'industrie de roquefort, retient le maintien de la surtaxe de 100 % en vigueur depuis 1999 (NDLR : elle avait motivé le démontage du McDo), et son inscription dans la durée. « C et accord aggrave les sanctions puisque la surtaxe est confirmée pour quatre ans alors qu'on avait espoir qu'elle soit levée chaque année. Pour vendre, les éleveurs ont baissé le prix du lait et les industriels ont renoncé à une partie de leurs frais (...). On se dirige vers l'abandon du marché américain. »

Un marché de 400 t, 4 % du volume global.

« Si le gouvernement français et la Commission européenne sont contents, ils n'ont qu'à financer les 2 M€ que coûte cette surtaxation », tempête le porte-parole du SPLB, syndicat proche de la Confédération paysanne.

Moins virulent, le président de la FRSeb, syndicat majoritaire, entrevoit, lui, « le bout du tunnel, mais ça va encore durer trois ans ».

La Coordination rurale dénonce « une nouvelle concession de l'UE faite aux Etats-Unis », évoquant la multiplication par quatre du quota d'importation de viande bovine américaine ...




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Publié dans Gastronomie

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