Roger Santa & Johnny Hallyday unis par le vin « Terre d’Aumes »

Publié le par Yvon Bertrand




La passion pour la vigne et le vin de Roger Santa, l’ancien Président de France Boissons, a littéralement conquis Johnny Hallyday.

L’acteur et chanteur, initié par son ami à la dégustation des vins des Coteaux du Languedoc, a été touché par l’esprit dans lequel ce biterrois pure souche élabore ses produits.

Pour le soutenir dans sa campagne de découverte des vins de cette région, la star a accepté en toute simplicité d’en devenir l’ambassadeur. Ils lont lancé ensemble la marque « Terre d’Aumes » avec une belle complicité d’épicuriens.


Roger Santa et Johnny Hallyday unis par le vin « Terre d’Aumes »

 Roger Santa, quel est votre parcours professionnel ?


Roger Santa : J’ai débuté ma carrière à Béziers puis ce fut l’Espagne, l’Italie et même le Mexique chez Gervais-Danone. Je suis devenu ensuite Directeur Génénal chez Heineken puis Président de France Boissons en 1997. J’évoluais dans l’univers de la bière. La distribution étant dans le CHR un marché difficile, j’ai diversifié l’offre avec le café comme Kimbo, les spiritueux et les vins. C’était un chantier énorme car je voulais de la qualité à tous les niveaux. J’ai alors fait faire des assemblages pour les Vins de Pays, pour les AOC et les vins de cépages… C’était le premier retour pour moi vers l’univers du vin.

Comment avez-vous rencontré Johnny Hallyday ?

André Boudou, son beau-père, m’a présenté Johnny lorsqu’ils ont créé l’Amnesia Paris. On a tout de suite sympathisé.

Lorsqu’on a lancé le mois de l’Amitié chez France Boissons, Johnny a parrainé l’opération d’une façon totalement bénévole. Cela a surpris tout le monde. Nous avons été très touchés par son attitude généreuse et spontanée.
Le lien amical s’est resserré.

Comment avez-vous converti Johnny aux vins du Languedoc ?

Je lui parlais toujours de mes vins et de ma région. Un week-end d’octobre, il est venu les goûter avec Laetitia. Elle est originaire de Marseillan, à 15 km de Pézenas. Johnny a été surpris par la qualité des produits. Il a eu un coup de cœur pour mon vin. Il en a d’ailleurs pris un carton pour le faire découvrir à son ami Jean Réno, en précisant que celui-ci était un vrai connaisseur.

Quelle est exactement la nature de votre association ?

Mon objectif est de faire connaître les vins du Languedoc. Johnny a décidé de m’y aider. Comme c’est un type authentique, le projet est né très vite, en quatre mois. Si Johnny avait voulu faire cela pour du fric, il aurait pu aller voir n’importe quelle boite qui a de l’argent, du Bordeaux, du Champagne… Lorsqu’il a communiqué sur notre projet, il a été déçu qu’on ne lui parle que d’argent.
Nous ne sommes pas Optic 2 000 et nous ne lui avons pas de donné d’enveloppe. Nous avons fondé tous les deux en janvier la société « Hallyday Wines Diffusion », une SARL à 7200 € de capital. Notre mise a été de 15 000 € chacun pour démarrer, un peu comme un challenge sportif et nous avons ensuite arrêté la date de la conférence de presse.
C’est parti comme ça, dans une ambiance conviviale…


Roger Santa et Johnny Hallyday unis par le vin « Terre d’Aumes »


Comment a été accueillie l’arrivée de la star dans la région et dans l’univers viticole ?

Dans la région, Johnny est bien vu car il n’a pas eu un caprice de star en achetant des vignes… Il a dit : « Puisque le produit est bon, ce vin mérite d’être connu ». Nous avons cherché un nom à la marque que l’on a décidé de lancer et notre choix s’est finalement porté sur « Terre d’Aumes » car ça rappelle Saint Exupéry… C’est la Terre des Hommes.

Quels sont vos objectifs avec « Terre d’Aumes » ?

Nous avons fait des assemblages de vins des Coteaux du Languedoc. Nous achetons aussi bien à une coopérative qu’à des particuliers le vin qui est le plus proche de ce que l’on veut, avec du caractère et beaucoup de fruit mais pour l’instant, nous avons aucun objectif concret pour la marque… Nous avons misé sur l’investissement nécessaire pour l’an prochain, en espérant vendre autant… Nous espérons que la marge sur la vente de 100 000 bouteilles nous permettra de couvrir tous les frais de fabrication, de marketing et de conception de l’habillage. L’aventure est risquée mais elle vaut le coup. C’est un beau projet, sympathique et de plus, nous contribuons à aider les gens du Midi qui ont des problèmes dans cet univers du vin si difficile aujourd’hui. Je vois tellement de viticulteurs qui arrivent à peine à vivre de leur métier mais qui le font malgré tout par passion.

Roger Santa et Johnny Hallyday unis par le vin « Terre d’Aumes »
Comment s’est passé ce retour aux sources ?

Au début, j’avais envie de revenir chez moi dans ce milieu viticole lié à mon enfance et avoir quelques hectares de vignes pour m’amuser. Je me suis piqué et passionné pour ce produit. J’avais le rêve de racheter des grands bâtiments et des vignes. Il y a six ans, j’ai eu l’opportunité de le faire. Le domaine se situe à Saint Martin de Graves, à côté de Pézenas et d’Aumes. La propriété existe depuis 1460 avec une maison d’été construite par la Famille de Graves, qui possédait plusieurs propriétés dans la région dont une propriété vinicole de 300 hectares à Saint Martin. Elle ressemble aux châteaux de la Loire avec des tours, des ardoises… Dès que je gagnais un peu d’argent, j’y faisais des travaux. C’est devenu un projet familial. Il n’y a plus que 18 hectares autour du château et une quinzaine, des vieilles vignes, dans les Coteaux du Languedoc. Ici, nous sommes sur l’appellation Vin de Pays d’Oc.

Avez-vous beaucoup investi pour redynamiser ce vignoble ?

J’ai planté autour de la propriété des cépages Merlot, Syrah, Grenache et Mourvèdre. Les chais étaient délabrés, abandonnés depuis 50 ans, J’ai entrepris de les remettre en état pour faire de la vinification moderne. Notre caviste s’appelle Jésus et il fait des miracles. Un œnologue, Benoît Blancheton, nous assiste pour la vinification. Il fallait s’entourer d’œnologues et de sommeliers pour faire des vins de qualité. Il faut choisir les meilleurs produits et payer le prix pour vendre un bon vin dans les cafés et les restaurants. Il y a d’excellents produits en France et on a tendance à tirer tout vers le bas. Ça évolue, mais c’est long !

Quels autres vins produisez-vous ?

Dans la région, pour ces Vins de Pays d’Oc, on a un rendement de 80 hectos par hectares. On élabore dy Rouge, du Blanc et du Rosé, 2 000 hectolitres en tout dont 80 000 bouteilles et le reste vendu en vrac. Mon vin blanc est un Chardonnay vendu sous l’étiquette « Domaine de Saint-Martin d’Aumes ». On produit aussi un rosé Grenache et Syrah. En rouge, on reste sur du Merlot et je lance aussi dans le circuit de grande distribution la marque « Le Merle Blanc », un clin d’œil pour ce vin à 40 % Merlot et 60 % Cabernet. C’est une production de 250 hectolitres, soit 30 000 bouteilles.

Roger Santa et Johnny Hallyday unis par le vin « Terre d’Aumes »
Les vins du Languedoc actuels sont-ils semblables à ceux de votre enfance ?

Dans le Midi, on ne faisait que des vins de grande consommation. C’était le vin des mineurs, des vins pas chers et pas forts en degrés… Les gens buvaient du vin. Le Languedoc a évolué, a changé tous ses cépages. On ne boit plus le « vin de table » mais on déguste le vin.
Il y a une quarantaine d’années, les propriétaires de vignes qui fabriquaient leurs vins soit n’ont pas su s’adapter, soit ont vendu. Les autres ont arraché les vignes et replanté au fur et à mesure. Cette région du Languedoc a tout pour avoir les meilleurs vins. Il y a beaucoup de cailloux, peu d’eau et du soleil. La vigne aime souffrir. La région ressemble à ses habitants, des gens rudes, conviviaux et qui savent s’entraider. Ils sont durs pour eux-mêmes mais très nobles car ils savent qu’il est difficile de gagner sa vie… On est obligé d’être passionné pour faire du vin.

Que pensez-vous du marché français des vins et spiritueux ?

Décidément, en France, on ne peut pas communiquer et c’est regrettable même si l’on fait des actions qui peuvent permettre de baisser le taux d’alcool d’un produit. C’était le cas pour la bière que l’on voulait faire à 2°, un taux moins élevé d’alcool… À France Boissons, j’avais lancé la bouteille de vin de 50 cl, aussi haute que la bouteille de 75 cl, élégante et plus facile à proposer pour deux en CHR. Idem, on ne pouvait pas communiquer sur cette initiative et, c’est dommage.

Quelle est pour vous la meilleure façon de déguster un vin ?

« Tranquillou », en regardant un match de Rugby avec un verre de blanc. Voilà mes deux passions… ! Et elles se ressemblent car la vigne c’est un travail dur où les gens sont généreux, aiment faire la fête. Au rugby, c’est un combat, le respect de l’autre et après le match, c’est aussi la fête… Ce n’est pas un hasard si j’ai lancé et dirigé la Heineken Cup.

Qu'en pense Johnny Hallyday?

 Il est persuasif, notre ami Santa. Je ne pensais pas qu’on puisse faire un vin aussi chaleureux dans cette région. Je ne veux pas faire comme Depardieu, je suis acteur et chanteur. Je n’ai pas la prétention de savoir faire le vin. Je souhaite juste faire découvrir et faire partager toute cette convivialité autour des vins du Languedoc que l’on retrouve à travers notre marque baptisée « Terre d‘Aumes ». Il faut le goûter… ! J’aime beaucoup le blanc mais le rouge vient d’être mis en bouteille et est très bon .
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