Initiation à la corrida...
Glossaire tauromachique
La corrida est le seul jeu de cirque romain qui perdure de nos jours
On y retrouve des caractéristiques bien romaines:
- Se joue dans une arène, circulaire.

- Combat d'hommes (parfois à cheval) contre des animaux, qui doivent mourir
- Le "président de la corrida" siège dans une loge spéciale, avec d'autres notables.
- L'entrée en scène est digne d'un peplum: tous les toréadors entrent dans l'arène et s'avancent , en musique, en carré (quadrille) vers le président de la corrida.
- Pour la mise à mort, le matador s'avance vers la loge du président et lui demande la permission.
Le Toril
Le toril est constitué d'un ensemble de compartiments attenant aux arènes, , cellules obscures d’environ trois mètres sur deux, dans lesquelles les taureaux attendent l’heure de la corrida afin de pouvoir être lâchés dans les arènes au moment voulu.
Chacun des taureaux se voit attribuer un compartiment au moment de l'apartado, opération qui fait suite au tirage au sort et qui consiste à séparer les taureaux les uns des autres et à les placer un à un dans un chiquero.
Le torilero est l'employé des arènes chargé de l'ouverture et de la fermeture des portes du toril. Il reçoit des mains de l'alguazil , la clef factice du toril qu'il a lui-même reçue des mains du président en fin du paséo. Ce n'est qu'après qu'il lâche le premier taureau en piste.
La corrida commence toujours par le défilé ( paséo ) de tous les participants .
À l’heure prévue, le président présente un mouchoir blanc ; aux accents de l'air du toréador de l'opéra Carmen de Bizet le cortège s’ébranle, précédé par les alguaziles (ou alguacilillos).
Viennent au premier rang les trois matadors, classés par ordre d’ancienneté : à gauche (dans le sens de la marche) le plus ancien, à droite le deuxième d’ancienneté, au milieu le moins ancien.
Si un torero se présente pour la première fois dans la « plaza », il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la « montera ».
Derrière suivent les peones, également classés par ancienneté, puis les picadors, eux aussi classés selon l’ancienneté.
Viennent ensuite les areneros ou monosabios, employés des arènes qui ont pour fonction de remettre en état la piste entre chaque taureau.
Vient enfin le train d’arrastre, attelage de chevaux chargé de traîner la dépouille du taureau hors de l’arène.
Puis vient l’heure du combat, en espagnol « lidia ».
Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six taureaux. Pour chacun d'entre eux, la lidia se déroule selon un protocole immuable. Ce protocole est décomposé en trois parties, appelées tercios.
1 ) Le tercio de cape et de piques
Après la sortie du taureau, le matador, et ses péones effectuent des passes de cape, pièce de toile généralement de couleur lie de vin à l’extérieur et jaune à l’intérieur, qui sert de leurre. Ces premières
passes de cape permettent au matador d’ évaluer le comportement du taureau.
Pour aider leur matador à évaluer le comportement du taureau, les péones appellent celui-ci à tour de rôle et l’attire vers les différents points de l’arène, l’incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue lui-même quelques passes de cape afin de compléter son étude du taureau.
Il existe une multitude de passes de cape. La plus fréquente, la plus simple et généralement considérée comme la plus belle, est la véronique (espagnol : veronica) dans laquelle le torero présente le cape tenu à deux mains, face au taureau, en faisant un geste similaire à celui que, selon l’imagerie traditionnelle, fit sainte Véronique en essuyant le visage du Christ en route pour le Calvaire.
Il existe également la demi-véronique (espagnol : media-veronica) , la chicuelina , la gaonera , la mariposa ,etc.
Entrée des picadors
Autrefois, le picador était le principal héros de la corrida, le plus attendu des toreros ; les toreros à pied n’étaient que ses aides. Ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu’il a commencé à perdre sa suprématie, pour devenir au milieu du XIXe un subalterne du matador.
Le rôle du picador est de tester la bravoure du taureau à l'aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d’acier : la puya. En principe, il est appliqué deux piques minimum (il n’y a pas de maximum), mais en cas de taureau faible, le président peut réduire ce nombre à une seule. Lorsque par chance, le taureau fait preuve d’une bravoure exceptionnelle, une pique supplémentaire est parfois donnée avec le regatón : le picador prend sa pique à l’envers, et « pique » avec l’extrémité du manche, le regatón, et non avec la puya.
2 ) Le tercio de banderilles
Les banderilles sont généralement posées par les péones , mais certains matadors les posent eux-mêmes.
En principe, il est posé trois paires de banderilles. Toutefois, le président de la course peut décider d’en réduire le nombre ; le matador peut demander au président l’autorisation que soit posée une quatrième
3 ) le tercio de mise à mort
La faena de muleta est le travail à pied du matador à l'aide d'un leurre en tissu rouge, la muleta. La faena de muleta prépare le taureau à la mort.
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À l’origine, la faéna de muleta se limitait à quatre ou cinq passes ; aujourd’hui, le matador qui en ferait si peu déclencherait une énorme bronca
Tout comme celles de cape, les passes de muleta sont innombrables. Les principales sont les suivantes :
- La « naturelle » (espagnol : natural). La muleta est tenue dans la main gauche, le taureau chargeant depuis la droite du matador.
- La « passe de poitrine » (espagnol : pase de pécho ou tout simplement pécho). La muleta est tenue dans la main gauche, le taureau chargeant depuis la gauche du matador.
- Le « derechazo » (mot espagnol signifiant « de la droite »). La muleta est tenue dans la main droite et agrandie à l’aide de l’épée tenue elle aussi dans la main droite, le taureau arrivant de la gauche du matador. C’est donc, en quelque sorte, une « naturelle à l’envers ».
- La « passe de poitrine de la droite ». De même que le derechazo est une « naturelle à l’envers », la passe de poitrine de la droite est une « passe de poitrine à l’envers ». - Les « passes aidées ». La muleta tenue dans la main gauche est soutenue et agrandie à l’aide de l’épée tenue dans la main droite. L’exécution se rapproche de celle de la naturelle ; on peut également faire des passes de poitrine aidées.
- Plus encore d’autres : la bandera (« drapeau »), le molinete (« moulinet »), l’« orticina » ,la « manoletina » etc.
Elle fut longtemps l'acte principal de la corrida, celui par lequel le matador montrait son adresse et sa bravoure. Même si le taureau est blessé et fatigué, c'est un moment des plus dangereux car, selon les canons de la corrida, le matador doit porter l'estocade de face, se présentant ainsi dans le berceau des cornes du taureau.
L’estocade reste cependant le point culminant d'une corrida et le moment qui détermine, du moins dans les arènes de qualité, l’attribution ou non de trophées au matador.
Il existe plusieurs manières de porter l'estocade. Les trois principales manières sont les suivantes.
- La plus fréquente : « al volapié ». Le taureau est immobilisé, le matador se « jette » sur le taureau pour l’estoquer.
- La plus difficile, la plus méritoire et… la moins employée : « a recibir ». Le matador reste immobile, il déclenche la charge du taureau et l’estoque.
- L’intermédiaire : « al encuentro ». Chacun des deux fait la moitié du chemin.
L’estocade doit se faire dans la « croix » ,zone de quelques centimètres carrés située à hauteur du garrot entre la colonne vertébrale et l’omoplate droite.
Il arrive parfois que le taureau soit gracié (indultado). Dans ce cas, l'estocade est simulée, le matador posant le plat de la main sur le dos du taureau, à l’emplacement où en principe, l’épée devrait pénétrer.
Le descabello
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Parfois, après l’estocade, le taureau tarde à s’écrouler. Le matador doit alors descabellar : il plante une épée spéciale (verdugo) entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, au même endroit que celui où le puntillero plantera sa puntilla.
Après l’estocade (et éventuellement après le descabello), le coup de grâce est donné par l’un des péones (appelé puntillero) à l’aide d’une puntilla, poignard à lame courte et large, plantée entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, afin de détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.
La sortie du taureau

Le cadavre est ensuite attaché à l' " arrastre " ou joug traîné par des chevaux ou mulesenguirlandés, et conduit dans les dépendances de la plaza pour être livré aux bouchers. Ce dernier tableau s'appelle l'arrastre.
La bravoure de l'animal : le taureau de combat appartient à une espèce spécialement sélectionnée pour son agressivité et pour sa bravoure ; sa charge et sa volonté de combattre tout adversaire sont appréciées.
L'autorité de l'homme sur l'animal : les aficionados apprécient la capacité du matador à dicter sa volonté au taureau en lui imposant ses charges et en l’amenant à suivre aveuglément le leurre.
L'élégance : les passes de capote et de muleta sont des mouvements très codifiés.
L'efficacité : une mise à mort « approximative » peut facilement dégrader un spectacle par ailleurs bien mené. Il faut toutefois préciser que, comme dans bien d’autres domaines, la manière compte plus que le résultat. Une tentative d’estocade sincère, faite en respectant les canons, mais ratée car la pointe de l’épée a buté sur l’omoplate, sera applaudie ; une épée pénétrant jusqu’à la garde à la suite d’une estocade faite en violation de tous les principes sera condamnée.
Le courage de l'homme : le matador prend des risques (même si les accidents mortels restent peu nombreux) et doit affronter sans fléchir un animal dont la force est considérable, même si le combat et les picadors ont affaibli dans une certaine mesure - le taureau.
Les récompenses
Le président accorde une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue en présentant un, deux ou trois mouchoirs blancs. Les trophées sont coupés sous la surveillance de l’alguazil qui les remettra au matador après que la dépouille du taureau ait été tirée hors de la piste.
Il ne reste plus au matador qu’à faire une vuelta al ruedo : il fait le tour de la piste en longeant la barrière et salue le public ; les spectateurs les plus enthousiastes lui envoient des bouquets de fleurs, en plus rare, lutte anti-leur chapeau, leur foulard etc. Le matador garde les fleurs , et renvoie les chapeaux, foulards, etc., à leur propriétaire.

Si aucune oreille n’a été accordée, le public pourra toutefois, par ses applaudissements nourris et répétés, demander au matador de « saluer à la barrière » (le matador entre en piste et salue le public en restant à proximité de la barrière), de saluer « au tiers » (le matador s’avance à mi-chemin de la barrière et du centre de la piste), de saluer « au centre » (le matador salue en s’avançant jusqu’au centre de la piste), voire de faire une « vuelta al ruedo ».
Si la prestation du matador a été fort peu appréciée, elle peut entraîner une bronca : les spectateurs mécontents crient, sifflent, et il peut même arriver que certains jettent des bouteilles sur la piste. (Un tel geste est largement condamné par les aficionados.) Parfois la réaction est pire pour le matador que la plus forte des broncas : le silence.
A Béziers, en 2006, le matador avait été si mauvais que tout le public s'était retourné de l'arène.
Si le taureau a été exceptionnellement bon, le président pourra lui accorder à lui aussi une vuelta al ruedo en présentant un mouchoir bleu. Et s’il a été plus qu’exceptionnellement bon, le président pourra, avant l’estocade, ordonner sa grâce en présentant un mouchoir orange.
Quand le matador a fini de saluer, il ne reste plus au président qu’à sortir son mouchoir blanc afin d’ordonner l’entrée en piste du taureau suivant.
En fin de corrida, les matadors quittent l’arène l’un après l’autre, par ordre d’ancienneté. Si l’un d’entre eux a été particulièrement brillant, il sortira a hombros, sur les épaules de ses admirateurs.

Peut-être – récompense suprême – sera-t-il autorisé à sortir par la Grande Porte. À Séville, il devra pour cela avoir coupé trois trophées (soit trois oreilles, ou deux oreilles et une queue) au minimum ; à Madrid, deux trophées suffiront (étant généralement admis que si une seconde oreille madrilène et une seconde oreille sévillane ont environ la même valeur, la première oreille madrilène en a bien plus que la première oreille
sévillane) ; ailleurs, c’est selon le sérieux de l’organisation, le niveau d’exigence et de compétence du public, les coutumes locales, etc.
Dans les arènes de Béziers:
- un matador qui coupe 2 oreilles sort à hombros par la Grand Porte des Arénes
- entre le 5ème et le 6ème taureau, le public se lève et accompagné par la musique entonne le Coupo santo
Débat sur la corrida & la chasse ( vidéo )
Débat sur la corrida ( vidéo )
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Association des villes taurines de France
Rencontre des Villes taurines à Arles 2009 ( vidéo )


