Sud de France : l’insolente réussite du pari de Frêche...
Au 12e étage de l’hôtel de Région, exposés sur une terrasse éclaboussée de soleil, lundi, pas de concurrence entre les huîtres de Bouzigues, les abricots du Roussillon, la tielle de Sète ou le muscat de Rivesaltes qui se partagent le buffet.
Mieux : de l’émulation. Tous regroupés sous la marque ombrelle Sud de France, créée il y a 4 ans par le conseil régional, ces produits ne se font pas d’ombre. Un petit miracle auquel personne ne croyait vraiment en 2006.
« A ce jour, 1 520 entreprises - trois fois plus qu’il il y a deux ans - sont adhérentes et 4 700 produits sont labellisés », a résumé, lors d’un point presse, François Delacroix, président par intérim, en l’absence de Georges Frêche en convalescence. « Nous sommes fiers d’être Languedociens,
d’être Roussillonnais, d’être du Sud même si Paris ne nous comprend pas toujours ! » a encore exprimé le fidèle Delacroix.
Sud de France, ce sont principalement deux secteurs : l’agriculture (50 000 salariés, 6 % des emplois) et l’agroalimentaire (25 % des salariés de l’industrie).
Une réussite. Au point que certains se demandent s’il ne faudra pas durcir le cahier des charges pour y adhérer. Un comble !
L’identité est d’abord dans l’assiette.
C’est ce sentiment du bien vivre, du caractère bien trempé mais riche et convivial qui sert de canevas aux spots publicitaires qui seront diffusés dans quelques jours. A temps pour la saison. Avec plus de 100 millions de nuitées passées dans la région, les touristes sont les premiers consommateurs à convaincre. La promotion doit aussi se poursuivre dans leur région d’origine, via les grandes surfaces.
« Il faut booster le made in Languedoc-Roussillon », ont plaidé Fabrice Verdier, questeur et président de la commission agriculture, viticulture et pêche et Guy Giva, président de la chambre régionale d’agriculture.
Et tous azimuts : offrir une bouteille de vin à ceux qui descendent de l’avion à Montpellier, Nîmes, Carcassonne ou Perpignan. François Delacroix veut aussi que l’on serve, dès la rentrée, des produits Sud de France aux lycéens : cerises en avril, abricots en juin…
« Ils seront les ambassadeurs de la marque auprès de leurs parents ». La Région est en négociation avec des enseignes de grande surface : Monoprix, Cora, Auchan ou encore Carrefour.
« Il faut que nos produits soient partout ! » Il a annoncé la création de 25 à 30 marchés labellisés en 2011. Guy Giva, président régional des agriculteurs, a complété : « Cette marque peut aider à consolider les circuits courts en agriculture. »
En faisant « disparaître des bords des routes ces cahutes qui vendent des excédents commerciaux. Et que de vrais agriculteurs prennent leur place sans berner le touriste ».
Jean-Jacques Vidal, président régional des fruits et légumes, croquait, lui aussi, dans la même pomme : « Cette marque, on l’attendait depuis longtemps ! »
« Il est difficile de faire un bilan chiffré, confie Fabrice Verdier.
Cette marque est un trait d’union, permettant aux entreprises ainsi unies de limiter la casse et participant d’une dynamique.
Grâce à la force de frappe promotionnelle financée par le conseil régional, Sud de France a généré 15 % de chiffre d’affaires en plus pour les grandes surfaces par rapport à 2009. »
Prochaine étape ? « Nous réfléchissons à créer des maisons ou des boutiques sous franchise Sud de France dans chaque département. »