25 ans après "Le Bouclier de Brennus" est de retour dans notre Région...

Publié le par Yvon Bertrand




25 ans après la victoire de Béziers sur Agen, le Bouclier de Brennus est de retour dans le Languedoc - Roussillon.

Résumé du match

Match Perpignan-Montferrand


 Match


Photo équipe USAP

L'USAP, de l'or dans le sang

Perpignan a enfin reconquis le Brennus après sa victoire méritée sur une équipe de Clermont décidément maudite (22-13). L'USAP est un beau champion.


Il aura donc fallu attendre 54 ans pour que Perpignan redevienne enfin la vitrine du rugby français. Mais au vue de la saison, voilà un sacre amplement mérité, ce que la finale n'a pas démenti. Bien avant la rencontre, on savait, on sentait que cette finale 2009 serait historique. Parce qu'elle allait sacrer une équipe qui court après le Bouclier depuis trop longtemps, parce qu'elle marquait enfin le renouvellement de l'élite du rugby français, après 15 ans d'hégémonie d'un ogre à trois têtes (Toulouse, Biarritz et le Stade Français).
Il restait à savoir quelle équipe allait enfin briser le signe indien. Dans un Stade de France en ébullition , les deux équipes ont offert un combat magnifique, pimenté par une grosse intensité et des contacts rugueux.

Clermont démarre fort


Comme en demi-finale contre Toulouse, Clermont avait décidé de prendre les choses en main et d'imposer son rythme, ce qui a débouché sur une grosse domination en début de rencontre, ponctuée par un essai de Nalaga, le 21e de la saison.
Entreprenants, précis, justes dans l'alternance, les Auvergnats étaient parfaitement rentrés dans la partie et squattaient le ballon comme le camp adverse. L'USAP, comme souvent, avait démarré au diesel, mais cet essai a paradoxalement fait du bien aux Catalans. Il a semblé les libérer, les forçant à réagir. Le duel s'est enfin équilibré, avec un engagement féroce de part et d'autre, notamment en mêlée, même si la tendance semblait alors favorable aux Catalans. Souvent pénalisée, l'ASM avait presque perdu le contrôle, et le premier acte n'avait pas permis d'en savoir plus sur le nom du futur champion
.


Perpignan au diesel

 

A la reprise, les Sang et or ont rapidement confirmé leur montée en puissance, avec un superbe essai de Marty, qui leur permettait de passer devant pour la première fois. On attendait alors la réaction des Jaunards, fébriles, secoués depuis de longues minutes, et qui continuaient à enquiller les fautes. Il ne manquait pas grand-chose pour que le doute commence à saper les moral, et on imagine que le spectre des finales perdues a forcément traversé les esprits.
 D'autant que l'USAP, en grand spécialiste des fins de matches, avait mis la main sur le ballon, et n'avait qu'à attendre l'indiscipline adverse pour creuser l'écart grâce au pied de Porical.

Les hommes de Cotter ont certes essayé de renverser la vapeur, mais la machine catalane était maintenant bien rodée, et on a vite eu l'impression que les Clermontois n'y arriveraient pas, même en jouant jusqu'au bout de la nuit. Après vingt premières minutes quasi parfaite, l'ASM s'était petit à petit éteinte, et elle ne pourra jamais prétendre au Bouclier en commettant autant de fautes en finale.
Celle de 2009 est donc encore perdue, et quand c'est la troisième de suite, c'est bien que quelque chose ne va pas.
Les Catalans, de leur côté, n'ont pas volé ce septième titre, ni leur première place à l'issue de la saison régulière où ils auront tout connu, et où leur formidable force mentale a déplacé
des montagnes. L'USAP était bien la meilleure équipe, et la Catalogne, qui règne sur l'Europe en foot, est maintenant reine de France au rugby.

La fête peut commencer, et elle devrait durer longtemps

Porical : «La victoire du mérite»

Auteur de 14 points mais surtout de deux pénalités qui ont fait très mal à Clermont en seconde période, Jérôme Porical est le grand artisan de la victoire de l'USAP en finale du Top 14.

Le plus beau jour de ma vie

Pourtant le parfait arrière catalan préfère saluer les qualités exceptionnelles du groupe sang et or, et surtout savourer ler plus grand moment de sa vie. Porical, c'est aussi un nom à part à l'USAP, ce qui rajoute encore dimension supplémentaire à la belle histoire.


« Jérôme Porical, quelques minutes après le coup de sifflet final, quelle est votre réaction ?


J'ai du mal à réaliser, et je suis resté le plus longtemps possible sur la pelouse pour savourer le plus longtemps possible. C'est un rêve de gosse, un moment unique dans une vie. Tout joueur rêve de ça, moi j'ai 23 ans, et je suis champion. J'ai du mal à y croire. C'est fantastique, le plus beau jour de ma vie.

L'USAP a connu un début de match difficile. Avez-douté quand Clermont menait 10-3 ?

Le début de match a été compliqué, c'est vrai, ils ont marqué très tôt, mais on n'a jamais rien lâché cette saison, on l'a montré plusieurs fois. On est revenus dans des matches nettement plus mal engagés, donc on s'est dit à la mi-temps qu'on allait renverser la tendance, comme on a su le faire toute la saison. J'étais sûr qu'on allait gagner. Déjà cette semaine, on se disait entre nous qu'on serait champion.

Le tournant du match, ce sont vos deux pénalités en seconde période qui redonnent de l'air à Perpignan. Vous avez joué un rôle capital dans cette victoire.

Oui, mais le rugby c'est d'abord un sport collectif. C'est vrai que cette fois-ci, j'ai eu de la réussite, mes pénalités sont rentrées. Ça n'avait pas trop marché la semaine dernière contre le Stade Français, je m'en voulais alors je me suis entraîné toute la semaine, je suis resté tous les jours pour taper des pénalités, même mercredi où on était de repos. Mais les pénalités je m'entraîne pour ça depuis que je suis jeune. Aujourd'hui ça a réussi, mais ça récompense surtout le travail de toute l'équipe.

 

Une bande de potes


Ce titre de champion, c'est la victoire d'un groupe extraordinaire


Cette équipe, c'est vraiment une bande de potes, et c'est ça qui est important dans le rugby. Quand il y a un groupe aussi fort que le notre cette saison, il ne peut rien nous arriver. Ce titre, c'est la victoire du mérite. Ce soir on s'est tous vidés, la défense a été monstrueuse, mais on a voulu aussi continuer à poser notre jeu, à entreprendre.

Pour la famille Porical, c'est aussi un grand moment 
.

Je pense à mon grand-père, à mon père surtout, et j'ai tenu à lui amener le bouclier. Il a joué treize saisons à l'USAP, il a perdu une finale (ndlr : en 1977). Aujourd'hui il y a une petite part du Brennus qui est pour lui.
 ( Voir équipe USAP de 1977 )

Et maintenant, place à la fête ?

Ça va être la folie à Perpignan et je suis content de pouvoir vivre ça avant de rejoindre France A. Lever le Bouclier à Perpignan, avec ces supporters fabuleux, ça va être énorme. »

L'ASM cherche encore

L'incompréhension a vite pris le dessus sur la déception du côté des Clermontois samedi soir, après la défaite devant Perpignan (22-13), au Stade de France. Les Auvergnats n'ont pas encore trouvé les raisons de ce troisième échec consécutif en finale. La question est: les trouveront-ils?

Pour un peu, on le prendrait pour un vainqueur. Quand Aurélien Rougerie vient répondre aux journalistes, il n'a pas le sourire aux lèvres mais pas le masque non plus. Le capitaine de l'ASM, vêtu de son maillot et d'un simple boxer à fleurs, vient pourtant de subir sa quatrième défaite en finale de championnat.
"C'est toujours difficile à accepter et à digérer. Mais comme je l'ai dit, il y a des choses plus dramatiques dans la vie. Je connais cette sensation, et elle n'est pas agréable, c'est certain. L'espoir fait vivre. On reviendra, croyez-moi", lance-t-il d'un ton qui ne révèle aucun sentiment d'abattement.


De Vern Cotter, "entraîneur fier" mais "homme déçu" à Pierre Mignoni, le refrain est identique. Si cette troisième défaite n'a pas la cruauté de la première face à Paris ou la logique de la seconde devant Toulouse, elle n'en reste pas moins une défaite. Brock James, lui, "n'a pas les mots" pour décrire sa peine. Pas besoin, elle se voit. Seul Anthony Floch montre vraiment sa colère, évoquant sans conviction des décisions arbitrales qu'il n'a pas comprises.
L'arrière auvergnat trépigne. Il répond à son téléphone avant d'expédier les questions en ponctuant toutes ses phrases par "voilà". "On a pris un coup sur la tête. Voilà".

Bonnaire: "Je ne sais pas"

Les Clermontois ont-ils vraiment les réponses aux questions qu'on leur pose? Aux questions qu'ils se posent... Comment peut-on perdre trois fois de suite en finale? Comment ont-ils pu lâcher si facilement, et sans réaction, une rencontre qu'ils semblaient maîtriser? La malédiction? Balayée d'un revers de main par tous les Jaunards. Le mental alors? "Peut être qu'on est paralysé quand on arrive en finale", avoue Floch. "Avec l'expérience qu'on a..., objecte de l'autre côté Mignoni. Et on retombe quand même dans nos conneries""Nous avons perdu de la lucidité, nous n'avons pas été suffisamment patients" , ajoute Cotter.

Et si, finalement, c'était dans le jeu? A 10-3, les Clermontois se sont sans doute montré un tantinet attentistes. Ils ont permis aux Catalans de revenir dans le match. "Je pense qu'on n'a pas assez joué. Je ne sais pas pourquoi on n'a pas su attaquer la deuxième mi-temps comme on a attaqué le match", reconnait Floch.
"Peut être que nous n'étions pas tous à 100%, avoue Julien Bonnaire. On est peut être passé à côté, je ne sais pas. Est-ce qu'on s'est cru arrivé en battant Toulouse, en se disant qu'on avait fait le plus dur ?"

Des "peut-être", des "je ne sais pas" et surtout des questions en pagaille qui, pour l'instant, restent sans réponse.

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Publié dans Rugby

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